Mardi 20 juillet 2021, la Cour des comptes et la chambre régionale des Comptes ont présenté leur rapport d’évaluation des politiques publiques de lutte contre les algues vertes en Bretagne à Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor), dans la baie de Lannion, l’une des huit baies concernées par le phénomène.

Manque de moyens contre les algues vertes

Le constat est sans appel : les différents plans algues vertes n’ont pas eu les effets escomptés. Il est partagé pour l’essentiel par la chambre régionale d’agriculture de Bretagne. Le principal échec est lié au manque de moyens alloués par l’État. Sur les 109 millions d’euros dépensés seulement 13 % ont été orientés en direction de l’agriculture. « On ne peut pas afficher des objectifs ambitieux sans y mettre de moyens explique Edwige Kerboriou, agricultrice à Plouzélambre, vice-présidente de la chambre d’Agriculture.

« Il faudra accompagner la prise de risque avec des aides directes car elle repose uniquement sur les agriculteurs » poursuit-elle rappelant que « 80 % des agriculteurs sont engagés, ce qui n’est pas rien. »

« Pas de baisse des contrôles »

L’autre levier important aux yeux de la profession reste le foncier agricole dont il faudrait faciliter l’accès aux agriculteurs engagés dans les plans algues vertes. Une politique qui n’a pas pu être mise en œuvre en raison d’une législation foncière non adaptée.

En revanche, les agriculteurs ne partagent pas le constat d’une baisse des contrôles (-73 % sur dix ans) sur les baies « algues vertes » pointée par le rapport. « Nous ne pouvons pas laisser dire qu’il y a une baisse des contrôles alors que l’État peut contrôler toutes les exploitations en dématérialisé via la déclaration annuelle des flux d’azote en élevage » souligne Didier Lucas, président de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor.

Isabelle Lejas