« Cette année, lors de l’épisode de gel des 6, 7 et 8 avril, les parcelles de colza situé dans les fonds de vallon ont été beaucoup plus touchées. » C’est le constat que dresse Sophie Nicolardot, conseiller agro, responsable sur le territoire Othe Armance à la chambre d’agriculture de l’Aube et agricultrice dans le pays d’Othe, région particulièrement vallonnée.

Selon elle, en fond de vallon, les températures sont descendues un peu plus bas et mettent un peu plus de temps à remonter dans la journée. « Cela peut être une ou deux heures de plus et seulement 0,5 à 1°C de plus mais cela suffit à accentuer le phénomène. » En 2017, elle a déjà fait le même constat sur une parcelle d’orge d’hiver avec des effets du froid et de gel d’épis différents en fonction des courbes de niveau.

Même constat chez Christophe Legendre, agriculteur à Sergines, dans l’Yonne. Au sein d’une de ses parcelles de fond de vallées, les trois ou quatre hectares qui constituaient le point bas ont beaucoup plus souffert du gel. La différence est très visuelle : pour Christophe Legendre, il n’y a pas de doute, cet effet est dû au gel qui reste plus longtemps en fond de vallée.

L’effet du gel est plus marqué dans les fonds de vallée. © Twitter Christophe Legendre

Un conseil paradoxal

« C’est dans les fonds de vallon qu’on conseille plutôt aux agriculteurs de semer du colza car ce sont les meilleures parcelles mais avec l’augmentation du risque de gel d’avril, c’est là où elles sont le plus exposées au froid. Un vrai casse-tête », explique Sophie Nicolardot.

Faisant suite à l’épisode de gel, Sophie Nicolardot va devoir retourner une de ces parcelles de colza, celle qui est en fond de vallon justement.

Le semis à 50 cm crée des couloirs pour le froid

Autre facteur d’aggravation du gel : l’écartement du semis. Olivier Garnier, agriculteur au Plessis-Placy dans la Seine-et-Marne, sème ses colzas à 50 cm d’écartement. « Il y a un impact du gel net, franc et massif », confie l’agriculteur à propos de l’état de son colza. « J’ai bien plus de boutons congelés. » La différence avec des champs voisins semés au semoir à céréales et ayant un itinéraire de culture très proche est flagrante.

Selon lui, l’espace entre les rangs offre un couloir de progression pour le vent qui entraîne le froid avec lui. Ce phénomène a été particulièrement visible cette année puisque les trois nuits froides ont été accompagnées d’un vent intense.

L’agriculteur confie à La France Agricole ne pas savoir s’il continuera à semer au semoir monograine à l’avenir.

Renaud d’Hardivilliers
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