IBMA France, l’Association française des entreprises de produits de biocontrôle, a lancé l’identité « biocontrôle » le mardi 14 décembre 2021. Le logo « Le biocontrôle protège les cultures par nature », mais aussi une vidéo associée seront à la disposition de ses adhérents pour tous types de communication sur le biocontrôle. Une charte l’accompagne également. Le but : rappeler ce que sont ces produits, ce qu’ils apportent, comment les utiliser et les matérialiser visuellement.

Le biocontrôle représente 12 % du marché français de la protection des plantes. © IBMA

12 % du marché de la protection des plantes

« Depuis un peu plus d’un an, il y a pas mal d’effervescence autour du biocontrôle, a appuyé à cette occasion Céline Barthet, la présidente de l’IBMA. C’est le bon moment pour notre association de réassoir sa perception du biocontrôle et de montrer que nous sommes légitimes : nos adhérents — agricoles et Jevi (1) — représentent en effet plus de 90 % du marché du biocontrôle en France. »

Aujourd’hui, le biocontrôle c’est en France : 12 % (en valeur) du marché de la protection des plantes (contre 5 % il y a sept ans), avec 236 millions d’euros vendus en 2020, selon l’IBMA. Dans le détail, il représente 37 % du segment insecticides, 26 % des molluscicides, 13 % des fongicides et 3 % des herbicides. « Le biocontrôle est dans une phase ascendante depuis plusieurs années. Et nous souhaitons qu’il représente 30 % du marché d’ici à 2030 tout en couvrant plus de 50 % des usages en culture », a ajouté Céline Barthet.

Le biocontrôle au niveau européen

« La révision du règlement 1107 (2) aurait été une bonne occasion de faire rentrer le biocontrôle au niveau européen, mais ça n’a pas été possible, a informé la présidente de l’IBMA. Notre seconde chance, c’est en ce moment, avec la révision de la directive SUD (utilisation durable des pesticides). Nous sommes en train de faire rentrer une définition très générale du biocontrôle. Ce n’est pas finalisé et on verra ce qui pourra en ressortir. Mais s’agissant d’une directive et non d’un règlement, le texte sera moins fort car il doit être transcrit en droit national. On s’expose donc à des petites dérives ou adaptations d’un État à l’autre. Mais ce serait déjà un premier pas ! »

« On a aussi beaucoup d’espérance avec la présidence européenne du conseil de l’Europe qui va commencer au prochain semestre », a complété l’IBMA.

Liste des produits de biocontrôle

« La liste des produits de biocontrôle, qui faisait jusqu’alors l’objet d’une note de service de la DGAL, va passer dans un format un peu plus robuste au niveau réglementaire. Ce sera en effet désormais un décret. Sa consultation publique en France est terminée et il fait l’objet actuellement d’une consultation au niveau européen, informe Denis Longeviallle, secrétaire général d’IBMA France. On s’attend à ce qu’il soit publié au début de 2022. Il y aura des précisions qui seront notables sur la définition des produits de biocontrôle. Et pour être éligible dans la liste, il faudra répondre à des critères supplémentaires qui concernent la mention de danger que le produit ne doit pas avoir. »

> À lire aussi : La définition du biocontrôle consolidée (06/10/2021)

Pour IBMA France, le problème est que la mention de danger « H334 » (sensibilisation par voie respiratoire) a été ajoutée, ce qui « change le périmètre d’éligibilité de la liste ». Ainsi, quelques produits vont sortir de la liste et d’autres, en cours de développement, ne pourront finalement pas y rentrer. Cela devrait aussi avoir un impact sur les fiches CEPP (3).

« Nous pensons que ce n’était pas le moment de commencer à changer les règles en plein cours de déploiement du biocontrôle. Le décret n’est pas sorti mais il n’est pas certain que les arguments que nous avons faits valoir ont été entendus », regrette l’association.

Céline Fricotté

(1) Jardins, espaces végétalisés et infrastructures.

(2) Relatif à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.

(3) Certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques.