« Sur quatre ans de recherche et développement, nous avons désormais fait la preuve que notre modèle est fiable, affirme Guillaume Fourdinier, cofondateur d’Agricool. Nous avons fait baisser nos coûts de production de 30 % et nous gagnons de l’argent. »

Dans des conteneurs climatisés

Ce système de production repose sur des miniclimats optimisés recréés et contrôlés à l’intérieur de chaque conteneur de transport maritime qui trouve ainsi une deuxième vie.

Humidité, température, gaz carbonique, dosage et temps de lumière sont contrôlés par des ordinateurs centralisés dans un des conteneurs.

Les plantes poussent verticalement en face de panneaux de lampes Led grâce à des nutriments apportées aux racines, sans pesticides de synthèse, sans terre ni soleil, mais tout près des lieux de consommation, ce qui permet d’éviter le transport.

À la place d’une ancienne cité

La ferme de La Courneuve est installée sur le lieu d’une ancienne cité détruite, mis à disposition par la mairie pour un loyer symbolique, en face d’une voie ferrée. « On peut adapter ce modèle à différents endroits, parkings, “dents creuses urbaines” comme à La Courneuve, afin de produire de l’alimentation fraîche et saine près des lieux de consommation », souligne Guillaume Fourdinier.

La start-up emploie cinq personnes sur place, dont deux « cooltivateurs » recrutés via la maison de l’emploi locale, chargés de suivre les cycles des plantes à l’intérieur des conteneurs. Les fraises, le persil, la coriandre et les pousses de salades sont vendus dans un rayon de 15 kilomètres au maximum, sous la marque Agricool, qui livre quatre magasins Monoprix à Beaugrenelle, aux Halles, aux Champs-Elysées et à Asnières ainsi qu’à la Grande Épicerie de Paris. La barquette de 125 grammes est vendue 2,99 euros. « Nous organiserons aussi des ventes locales sur le lieu même de la ferme », a précisé Guillaume Fourdinier.

Depuis son lancement en 2015, Agricool, qui emploie au total 85 ingénieurs, a levé 30 millions d’euros. Lors du dernier appel de fonds à la fin de 2018, Agricool, fondé par deux fils d’agriculteurs sortis d’écoles de commerce, a reçu le soutien financier de BPI France et du groupe Danone, via son fonds Danone Manifesto Ventures.

« Nous voulons montrer qu’on peut nourrir une partie de la ville de façon locale », explique M. Fourdinier. Pour réduire l’empreinte carbone des villes, l’ONU estime que 20 % de la production alimentaire devra être faite localement, rappelle-t-il.

AFP