« La stratégie française de bioéconomie réalisera trois objectifs différents par l’intermédiaire de trois capteurs de photosynthèse qui sont l’agriculture, la forêt et la mer », a expliqué Stéphane Le Foll lors de ce premier comité. Ses trois objectifs sont :

  • Assurer l’alimentation humaine et animale ;
  • Développer l’énergie verte et la biomasse (méthanisation, biogaz et biocarburants) ;
  • Développer les produits biosourcés (bio plastique, utilisation du bois…)

 

Le ministre a commandé au comité stratégique un plan d’action national pour la mi-avril, en vue de son prochain départ du gouvernement. Un objectif qui semble difficilement réalisable. « Il faut trouver une méthodologie pour ce plan d’action, des indices pour suivre son avancement et chiffrer les besoins de financement », explique Véronique Berzeix, sous-directrice de la filière de la forêt, du bois, du cheval et de la bioéconomie au ministère.

Un coup d’accélérateur

« La France est le dernier pays à mettre en place une stratégie nationale pour ce secteur, il est temps de passer à la vitesse supérieure », estime Christophe Rupp Dalhem de Roquette. En ce qui concerne le financement, le ministère compte sur le programme d’investissements d’avenir (PIA3), qui versera en tout 10 milliards d’euros à plusieurs initiatives. Selon Véronique Berzeix, « la bioéconomie entre dans le cadre de ce programme et pourra être financée en partie par le PIA3 ».

 

Mais la question qui taraude l’ensemble du comité est celle de la cohérence. Dans l’assemblée, un représentant du ministère de l’Environnement demande que la stratégie de biodiversité soit intégrée dans celle de la bioéconomie. Olivier Dauget, élu de la FNSEA en charge de l’énergie et du climat, demande « une coordination entre les politiques publiques ».

Quatre ministères

Une semaine plus tôt, Claude Roy, président du club des bioéconomistes, soulevait ce problème lors d’un débat organisé par la Saf une semaine plus tôt : « En France, quatre ministères s’occupent des problématiques de la bioeconomie : ceux de l’Agriculture, de l’Environnement, de l’Industrie et de l’Énergie. »

 

À cela, Véronique Berzeix répond que le plan stratégique a été présenté et approuvé en conseil des ministres. « Il s’agit donc d’un plan gouvernemental et non ministériel, il est approuvé par l’ensemble des ministères », précise-t-elle. Dans tous les cas, le ministère l’assure, un plan d’action sera mis en place pour le 15 avril. « Ce sera une première version. Les participants au comité stratégique pourront ajouter leurs remarques à ce moment-là », termine la directrice en charge du dossier.