Signé le 28 juin dernier, le controversé accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) a vu sa ratification fortement ralentie. Nécessitant la validation par l’ensemble des États membres européens, Emmanuel Macron s’est opposé à l’accord la veille de l’ouverture du G7 à Biarritz samedi.

Le président français a accusé son homologue brésilien d’avoir « menti » sur ses engagements en faveur de l’environnement qui était considéré comme une condition de ratification de l’accord par la France. Selon l’Élysée, Emmanuel Macron a pointé du doigt « l’inaction de Jair Bolsonaro face au changement climatique, y compris sur les incendies » frappant actuellement la forêt amazonienne.

L’Irlande et le Luxembourg rejoignent la France

Un constat partagé le même jour par l’Irlande. Son Premier ministre a menacé lui aussi de ne pas ratifier l’accord tout en expliquant l’Irlande allait « suivre de près les actions environnementales du Brésil » lors des deux prochaines années. Le lendemain, c’était au tour du Luxembourg de vouloir geler sa participation.

« Une réponse inappropriée » pour l’Allemagne et l’Espagne

Face à ces partisans du « non », 7 autres États membres de l’Union européenne avaient adressé le 22 août une lettre commune au président de l’exécutif européen, Jean-Claude Junker. Avec l’Allemagne et l’Espagne en chefs de file, ils ont exhorté la Commission européenne à conclure cet « accord historique ».

Le lendemain, le porte-parole du gouvernement allemand a estimé que l’opposition d’Emmanuel Macron « n’est pas la réponse appropriée » aux incendies. Pour Berlin, « l’échec de la conclusion de l’accord Mercosur ne contribuerait pas à réduire le défrichement la forêt tropicale au Brésil ».

Au-delà de ces positions gouvernementales, le président du Conseil européen Donald Tusk a reconnu qu’il serait « difficile d’imaginer » que l’Union européenne puisse ratifier le traité avec le Mercosur tant que le Brésil « permettra la destruction » de l’Amazonie.

Alexis Marcotte, avec l’AFP