Le 58e Salon international de l’agriculture (Sia) a ouvert ses portes le samedi 26 février 2022, au Parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. Si les chiffres définitifs de son affluence ne seront connus qu’à sa clôture, le 6 mars, le public était déjà très nombreux pour son inauguration.

« Digne d’un salon
professionnel »

Dans les stalles, l’engouement des professionnels est aussi très présent. « Alors qu’il s’agit d’un salon grand public, nous sommes agréablement surpris par la qualité des contacts, témoigne Jean-Baptiste Geoffray, technicien de race chez Simmental France. Beaucoup d’éleveurs viennent se renseigner sur la race, voire commander des doses de taureaux. C’est digne d’un début de salon professionnel comme le Sommet de l’élevage et le Space. »

La motivation des fondus de génétique est gonflée par une année d’absence au Sia. « Près de 30 élevages ont candidaté pour 17 vaches présentées au salon. Nous sommes donc venus à Paris avec un très beau lot d’animaux, et l’on ressent une réelle impatience des éleveurs de commencer le concours. »

L’abondance à l’honneur

Quelques allées plus loin, Neige, la vache égérie de race abondance et l’un de ses éleveurs, font l’objet de toutes les attentions. Venu du Grand-Bornand, Arnaud Missillier se relaye sur le stand avec son père pour répondre aux questions des visiteurs. « Comment a-t-elle été choisie ? », s’interrogent bon nombre de curieux. « Chaque année, le salon choisit une race à mettre à l’honneur, en alternant entre race à viande, laitière, à petits ou grands effectifs. Ensuite, ils cherchent un élevage ayant l’habitude de monter au salon et qui soit à l’aise avec cette ambiance médiatique. Puis, au sein de l’élevage, l’archétype de la race et, de préférence, assez calme », répète-t-il au public du jour. Arnaud prévoyait de quitter le salon dimanche, avant d’y revenir mercredi. « La vie à la ferme ne s’arrête pas, concède-t-il. Mon amie et associée en Gaec avec mon père fait tourner l’exploitation. Nous avons un employé pour le week-end. C’est une période intense, en pleines vacances scolaires, on ne peut pas s’arrêter toute une semaine. »

Non loin de Neige passe Émilie, petite -fil­le et nièce d’agriculteurs, et maman d’un jeune garçon en lycée agricole. Elle est venue au salon en famille avec des camarades de son fils. « Les jeunes viennent voir les différentes races représentées, ce qui peut exister dans l’agriculture », raconte-t-elle. Une « décou­verte » pour la famille venue des Hauts-de-France, qui pourrait se transformer en rendez-vous annuel. Pour Mathilde, 29 ans et habitant Paris, c’est une première­. Elle est ravie de l’ambiance qu’offre le salon : « Je ressens une vraie authenticité que l’on retrouve rarement dans ce type d’événement. C’est important que les agriculteurs puissent bénéficier­ d’une visibilité nationale et qu’on puisse valoriser leur travail et les terroirs. »

Une visite présidentielle réduite

Une ambiance dont Emmanuel Macron n’a pu profiter jusqu’au bout. La guerre en Ukraine et la situation internationale ont obligé le chef de l’État à réduire la durée de la traditionnelle déambulation présidentielle. Après un temps d’échange avec les organisations professionnelles agricoles et une prise de parole publique (lire ci-dessus), le Président a quitté le salon peu avant l’ouverture au public samedi. Le flambeau a été transmis à Jean Castex, Premier ministre, et Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, qui ont sillonné les allées jusqu’au soir. Des chemins que prendront aussi plusieurs candidats à l’élection présidentielle. Seul Jean-Luc Mélenchon prévoyait de ne pas s’y déplacer. Son équipe de campagne a expliqué à RMC que le mode d’agri­culture que promeut le Sia n’était pas le leur. Raphaëlle Borget,
Vincent Guyot et Alexis Marcotte