«Ça fait du bien de revenir sur un salon, surtout aux champs » : cette phrase, les visiteurs de l’édition 2021 d’Innov-Agri, qui s’est tenu dans le Loiret du 7 au 9 septembre, l’ont entendue maintes fois sur les différents stands. La surface, plus petite qu’à l’accoutumée, n’en était pas moins dépourvue de matériels. Tous les grands noms du machinisme se sont ainsi donné rendez-vous. La démonstration, qui est le cœur même de l’événement, était toujours de la partie.

Les pulvés à l’épreuve

On vient à Innov-Agri pour voir du matériel mais aussi pour faire évoluer ses pratiques et se former. Pour cette édition, les villages thématiques ont fait le plein, en particulier ceux consacrés à la pulvérisation et à la réduction des IFT. Le stand du Contrat de solutions, qui n’avait pas attiré grand monde lors de la précédente édition, n’a pas désempli. Les dispositifs de transfert sans contact du produit depuis le bidon vers le pulvérisateur ont particulièrement intéressé les agriculteurs. De l’autre côté de l’allée, le parcours d’obstacles a mis en évidence l’efficacité des suspensions de rampe et d’essieux des pulvérisateurs traînés. Une démonstration fréquente en Allemagne mais une première sur un salon français.

Succès pour les robots

La robotique agricole, on en parle depuis plusieurs années mais les applications concrètes ont tardé à venir. Sur Innov-Agri, trois robots ont travaillé en conditions réelles. Le FarmDroid a fait la démonstration de son habileté à désherber­ sur le rang et en inter-rang. Mais la grande nouveauté était la présence de deux robots capables de fournir une autre prestation que du binage. La plateforme Robotti a ainsi évolué avec un semoir, tandis que le tracteur AgXeed a travaillé sans relâche avec un déchaumeur porté.

Les habitués d’Innov-Agri auront remarqué que la course au gigantisme sur les stands a été freinée par la crise sanitaire. Les matériels de 15 mètres de large sont toujours présents mais ils sont désormais accompagnés de leurs petits frères de 3 mètres. Et surtout, personne n’a fait venir de matériel XXL des États-Unis ou d’Ukraine pour faire le buzz. Il faut peut-être y voir une volonté de revenir à des présentations plus proches du marché dans les salons du « monde d’après ».

Paul Denis et Corinne Le Gall