« Il est essentiel de connaître et maîtriser la qualité de l’eau de boisson avant toute introduction de traitement. » Telle est la recommandation d’une étude publiée en 2019 par l’Anses (1), visant à évaluer l’impact des biocides sur la stabilité des antibiotiques présents dans l’eau. Le circuit d’abreuvement peut, en effet, servir de vecteur de médicaments en élevage porcin, avicole ou cunicole. Sept substances actives antibiotiques – doxycycline, amoxicilline, tiamuline, colistine, sulfadiazine et sulfadiméthoxine associées au triméthoprime – contenues dans dix médicaments vétérinaires ont été retenues dans l’étude. Elles ont été testées avec deux biocides : le peroxyde d’hydrogène à 50 ppm et hypochlorite de sodium à 0,5 ppm de chlore actif, dans des eaux standardisées, douce et dure.

Instabilité « multifactorielle »

Le peroxyde d’hydrogène a altéré uniquement la stabilité de l’amoxicilline. Par rapport à une eau sans biocide, la concentration en substance active a été diminuée de 38 à 57 % en eau douce et de 22 à 73 % en eau dure, selon le médicament testé, la dilution et le temps de contact. En revanche, « la stabilité de tous les antibiotiques testés a été significativement affectée par l’hypochlorite de sodium en eau dure, sauf les sulfamides-triméthoprime », précise l’étude. Par rapport à une eau dure sans biocide, les concentrations en amoxicilline et en doxycycline sont en recul de 10 à 16 %. Il en est de même pour la tiamuline (- 15 à - 37 %) et la colistine (- 10 à - 76 %). En eau douce, seule la colostine a été déstabilisée. Pour l’Anses, ces résultats démontrent « le caractère multifactoriel et complexe » de la stabilité des antibiotiques. En conséquence, l’agence souligne l’importance de mesurer « les qualités bactériologiques et physico-chimiques de l’eau administrée aux animaux ».

V. Guyot

(1) Projet Cabale, réalisé avec l’ANMV, l’Itavi, l’Ifip, la SNGTV et financé par le programme Ecoantibio.