Selon une enquête menée en 2025 par l’association e-enfance (1) qui accompagne les victimes, 18 % des 6 à 18 ans ont subi du cyberharcèlement et 41 % des cyberharcelés le sont sur WhatsApp. « Le cyberharcèlement est un acte agressif, intentionnel et répété, perpétré par un ou plusieurs individus, à l’encontre d’une victime via des outils numériques, rappelle Godefroy Hemon, formateur chez e-enfance.

Cette violence peut se manifester 24 h/24, 7 J/7 avec pour but de blesser, intimider ou ridiculiser une personne. » Celle-ci peut alors développer de l’anxiété, des troubles du sommeil ou de l’appétit, une perte de l’estime de soi, un repli sur elle-même, voire un refus soudain d’utiliser son téléphone.

Une dépression ou une déscolarisation peuvent en découler. « Cette violence multiplie par quatre le risque suicidaire pour les 8-11 ans », alerte Godefroy Hemon.

Discuter en voiture

Si la parole est salvatrice, comment aborder ce sujet ? « Le mieux est d’en parler lors d’un long trajet en voiture, conseille-t-il. Impossible pour l’enfant et le parent de se dérober, et ne pas se regarder peut libérer la parole.

En discutant, on s’aperçoit si l’enfant est non concerné, victime, agresseur ou témoin. Les trois derniers cas nécessitent un accompagnement. » La victime sera écoutée et mise en confiance pour qu’elle décrive la situation.

Il est conseillé de réaliser des captures d’écran pour garder des preuves, puis de contacter l’établissement, faire appel à un professionnel de santé et porter plainte si c'est nécessaire. « Rappeler aux enfants que le cyberharcèlement est puni par une amende et de la prison est important », relève le formateur.

60 % des auteurs de violences ont été victimes

Si le jeune est témoin, « il faut lui expliquer que dénoncer la situation ne signifie pas « être une balance » ». Il peut la signaler à un adulte ou via un mot à glisser dans une boîte aux lettres présente dans certains établissements.

Concernant les enfants auteurs de violences, « il faut savoir que 60 % d’entre eux ont aussi été victimes, précise Godefroy Hemon. L’agresseur doit donc pouvoir parler de ce qu’il fait et de ce qu’il a vécu pour modifier son comportement. »

(1) e-enfance.org ou 3018.