Marqué des difficultés traversées par le monde de l’élevage, Mickaël Lemarchand comprend tôt que s’installer en solo est difficile. Après un BTS, le jeune homme intègre une école de commerce agro-fournitures. Il y rencontre Benjamin Nuttens, avec qui se noue une solide amitié. Tandis que celui-ci rejoint la ferme familiale dans l’Eure, Mickaël poursuit en master puis travaille dans le machinisme. « J’avais gardé un pied dans l’agriculture, reconnait-il. Je posais des congés pour remplacer mes parents ou aider aux moissons chez Benjamin. Je savais que j’y retournerais un jour ou l’autre. » Franchir le pas le démange : il guette les opportunités, s’intéresse à la vente directe et au porc sur paille, un système qui lui plaît. Malgré tout, lui qui vient d’être papa ne se voit pas reprendre seul une exploitation… jusqu’au jour où Benjamin lui lance : « Mon père veut qu’on diversifie... Pourquoi tu ne viendrais pas faire du porc avec nous ? » Les deux copains tombent d’accord. De visites de ferme en chiffrages, ils comprennent qu’il faut un dimensionnement suffisamment grand de leur projet. « Assez vite, on s’est dit qu’il fallait un atelier d’envergure, transformer et embaucher. » Objectif : vendre en direct une quinzaine de porcs et trois quarts d’une vache par semaine.
Une approche personnalisée
Lors de son stage installation, Mickaël rencontre Antoine Vedie du Crédit Mutuel. « Entre le bâtiment, le labo, le magasin, les salariés… le projet était ambitieux, mais il a tout de suite retenu mon attention », pointe celui-ci. Dans un secteur où le foncier est cher, le conseiller y voit une façon intelligente de s’installer sans s’agrandir et apprécie la logique du système « Autoconsommer ses céréales, transformer, vendre en direct, créer de l’emploi… c’est aussi ma vision de l’agriculture sur ce territoire », confie Antoine Vedie, que la rigueur du jeune homme conforte. Mickaël lui transmet une étude de marché détaillée, tout en consultant la banque historique de l’EARL. « Le Crédit Mutuel m’a donné une réponse rapide. Antoine avait tout analysé. Il m’a même demandé de revoir certains points, avec une vraie approche de conseiller. » À l’inverse, Mickaël a le sentiment que son projet ne trouve pas d’écho auprès de l’autre établissement : « Il était trop atypique pour leurs grilles de lecture. On ne s’est pas compris. »
Antoine Vedie avance sur le dossier et propose rapidement une solution personnalisée de financement. Affaire est faite avec le Crédit Mutuel : trois prêts modulables avec différés sont mis en place. En avril 2023, Mickaël s’installe. « L’approche du Crédit Mutuel m’a tellement plu que je suis devenu administrateur. Même dans les petites caisses, on sent qu’il y a un pouvoir de décision », glisse-t-il. Avec le recul, les deux hommes estiment le pari validé. « Le magasin a enregistré un résultat positif dès la première année, se félicite Antoine Vedie. J’ajouterai qu’au-delà de cette réussite, voir deux amis de longue date concrétiser un tel projet, c’est une vraie satisfaction personnelle. »