La grippe porcine est causée par des virus Influenza de type A, extrêmement contagieux. En France, les sous-types les plus fréquemment détectés chez le porc sont le H1avN2, le H1avN1 et le H1N1 pandémique. Les vecteurs de transmission sont multiples : d’un élevage à l’autre, d’un animal à l’autre au sein d’un même site, et parfois depuis l'homme ou les volailles.

Un virus qui frappe vite et fort

Ce qui frappe d'emblée dans la forme épidémique, c'est la vitesse de propagation du virus. En quelques jours, de nombreux porcs sont simultanément atteints : abattement, perte d’appétit, toux. Pour les élevages naisseurs-engraisseurs, c'est souvent l'image d'une allumette qui revient : un foyer, une étincelle et tout s'embrase. Un épisode rapide, brutal, qui contamine plusieurs salles en quelques jours. La maladie se diffuse très rapidement et l'ensemble de l'atelier peut basculer. On parle alors de grippe épidémique.

Lors d’un épisode aigu de grippe, les symptômes sont généralement assez reconnaissables et touchent beaucoup de porcs simultanément :

  • Toux soudaine et importante ;
  • Éternuements ;
  • Forte fièvre ;
  • Abattement ;
  • Perte d’appétit ;
  • Animaux couchés, moins actifs.

Après la tempête, le calme revient : il est trompeur. Il pourrait laisser croire que le virus grippal a disparu, ce qui est faux dans la grande majorité des cas. Dans nos élevages conventionnels, il y a toujours des porcs naïfs qui se contaminent (porcelets nouvellement nés, cochettes achetées). Le virus grippal continue de circuler, discrètement, car infectant peu d’animaux en même temps, jusqu’à ce qu’une nouvelle vague épidémique déferle ou alors c’est la forme récurrente qui s’installe.

La forme récurrente : moins visible, mais tout aussi préoccupante

À côté de cette forme épidémique, il existe une forme récurrente, insidieuse. Les porcs sont systématiquement atteints au même âge, le plus souvent autour de 7 à 8 semaines de vie. Les symptômes sont les mêmes - éternuements, toux, fièvre - mais se font plus discrets, car moins d’animaux sont malades simultanément et les jeunes porcelets, même fiévreux, ne montrent que peu de signes d’abattement.

Au sein d’une bande de porcelets, de nouveaux cas apparaissent quotidiennement, ce qui prolonge l’épisode grippal sur plusieurs semaines. Et, bande après bande, la grippe s'installe ainsi durablement dans l'élevage. Les cochettes et les truies peuvent également être touchées par cette forme.

Ce caractère persistant est l'un des pièges de la grippe porcine : toute l'année, le virus circule, se réactive, et perturbe les animaux sans pour autant déclencher l'alerte.

Des conséquences sur la reproduction

Le virus entraîne également des répercussions plus difficilement perceptibles, mais tout aussi pénalisantes pour l’élevage. Chez les truies notamment, il peut circuler sans symptômes respiratoires marqués mais en perturbant les performances de reproduction. Certains élevages observent alors davantage de retours en chaleur, des mortalités embryonnaires, des avortements, une baisse de la production laitière, sans nécessairement établir le lien avec une circulation du virus grippal.

Des complications qui alourdissent le tableau clinique

Autre point important : la grippe fragilise l’appareil respiratoire et crée un terrain favorable aux co-infections. Le virus agit souvent comme un facteur déclenchant qui permet à d’autres agents pathogènes, notamment bactériens, de s’installer plus facilement, entraînant des conséquences beaucoup plus lourdes : complications pulmonaires, dépérissement, mortalité, apparition de troubles nerveux. Le virus influenza porcin est ainsi considéré comme l’un des acteurs majeurs du Complexe Respiratoire Porcin, association de plusieurs agents pathogènes responsables de problèmes respiratoires chroniques en élevage.

 

Sources : Comité Grippe / Respiporc — Plateforme ESA — Porc-info.fr