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À l’épreuve du reconfinement

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Affectée par le confinement au printemps, la filière pomme de terre doit de nouveau s’adapter.

«Au printemps dernier, les industriels et les producteurs ont été amenés à expédier des pommes de terre vers l’alimentation animale, le compostage, la méthanisation », rappelle Loïc Le Meur, de l’UNPT (1). La fermeture de la restauration hors foyer avait fortement affecté la filière, contrainte de détourner les pommes de terre de leurs débouchés traditionnels pour évacuer le surplus. Le gouvernement vient de débloquer une aide de 4 M€ pour accompagner en partie les dégagements.

« Tous les stocks de la campagne précédente sont désormais écoulés. Il n’était physiquement pas possible de les conserver, alors que se finalisent les arrachages, poursuit-il. Les producteurs devaient aussi nettoyer leur installation en prévention de l’interdiction du CIPC. » (lire l’encadré) Le secteur de l’industrie, notamment la production de frites, devrait se voir de nouveau ralenti par ce reconfinement. Si les cantines scolaires restent ouvertes, elles ne compenseront pas la perte de demande liée à la fermeture des restaurants. « Depuis le début de la campagne, les industriels se contentent des contrats avec les producteurs, ce qui se confirmera encore. Des volumes sont susceptibles d’être redirigés vers d’autres débouchés. »

Le frais à l’équilibre

Le marché du frais a cependant bénéficié de la reprise de consommation des ménages à domicile. « La saison est aussi plus favorable à la pomme de terre. Sur ce segment, les mesures de confinement redynamisent le marché », rapporte Loïc Le Meur.

Mais les surfaces implantées devront s’adapter à une demande moindre. La filière « incite les producteurs à réfléchir à leurs emblavements et orienter les plantations vers des céréales, par exemple », et craint un report de la pomme de terre d’industrie vers celle à destination du frais. « Le marché du frais est à l’équilibre aujourd’hui. Un afflux de production sur ce secteur risque de créer une crise d’offre. Le marché n’est plus capable d’absorber une surproduction. »

Justine Papin

(1) Union nationale des producteurs de pommes de terre.

L’arrêt du CIPC complique la donne

En raison de la durée de stockage allongée, les bâtiments n’ont pas évolué comme prévu. « Des producteurs n’ont pas pu raisonner le changement de pratique lié à l’interdiction de l’antigerminatif CIPC, déplore Loïc Le Meur. Par ailleurs, le Dormir (ou 1,4Sight), produit alternatif, rencontre des problèmes de disponibilité, alors que, cette année, les besoins antigerminatifs s’avèrent supérieurs. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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