Ce sont 890 éleveurs qui produisent des volailles pour Terrena et 110 des œufs. « L’épidémie de grippe aviaire les a quasiment tous touchés. Nous avons 8 000 bâtiments à l’arrêt ! », ont expliqué Alain Le Floch, directeur de Terrena et Olivier Chaillou, son président. C’était le 3 mai 2022 lors de la présentation à la presse des résultats du groupe pour l’année 2021. En cascade, tous les maillons de Galliance, la filière Volaille de la coopérative, sont impactés.

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Depuis fin avril, cinq de ses six abattoirs travaillent au ralenti. Le seul qui tire son épingle du jeu se trouve en Bretagne. « Nos sites ligériens, Nueil-les-Aubiers et Moncoutant dans les Deux-Sèvres, Ancenis en Loire-Atlantique et Sainte-Hermine en Vendée, sont à 30 % de leur capacité depuis fin avril et vont descendre entre 10 et 20 % à partir du 9 mai. » Dans les ateliers de découpe, la durée d’activité n’excède pas huit heures par jour. Au total, « 1 600 salariés sont en activité partielle ».

Difficultés commerciales

Le 4 avril, pour soutenir la trésorerie des éleveurs, Terrena a annoncé une aide d’urgence de 15 millions d’euros, stoppant la facturation des aliments, poussins et poulettes. « Si on se réfère à l’expérience du Sud-Ouest, l’aide publique devrait arriver assez vite », avance Olivier Chaillou.

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Dans l’immédiat, le souci est de trouver des entreprises pour nettoyer et désinfecter les bâtiments. Or, toutes sont à saturation. Plus largement, Terrena n’envisage pas de retour à une activité normale avant la fin 2022. « La production redémarrera espèce par espèce en commençant par le poulet, puis la dinde et enfin le canard », précise Alain Le Floch.

En outre, la coopérative entrevoit des difficultés commerciales compliquées par la répercussion de l’augmentation des coûts de production. À marge équivalente, « un poulet standard vendu 100 il y a un an, devrait l’être 136 aujourd’hui, ce qui n’est évidemment pas le cas », rappelle Alain Le Floch.

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Anne Mabire