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Dossier Les clés pour fidéliser ses salariés

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© Stéphane Leitenberger

La fidélisation de la main-d’œuvre agricole, permanente ou saisonnière, passe par un ensemble de dispositifs.

Au 1er janvier 2019, la MSA recensait 268 697 salariés dans la production agricole, soit 11 % de plus qu’en 2010. Que ce soit des emplois permanents, saisonniers ou des travailleurs embauchés dans le cadre de Cuma ou de groupements d’employeurs, la main-d’œuvre salariale prend une part de plus en plus importante dans le travail sur les exploitations agricoles.

Le dernier bilan annuel de l’emploi agricole d’Agreste (1) montre que la part de la main-d’œuvre salariée a fortement progressé. En 2010, les salariés représentaient 27 % des actifs agricoles en UTA (unité de travail annuel). En 2019, ils atteignent 38 % (21 % de salariés permanents, 17 % de saisonniers ou employés de Cuma ou d’ETA), selon les derniers chiffres d’Agreste. Certains systèmes de production sont davantage concernés, comme le maraîchage, l’arboriculture, les grandes cultures ou la viticulture. Mais l’emploi salarié a aussi progressé dans les filières d’élevage comme celles des ovins et caprins, où la part des salariés dans les actifs (en UTA) a progressé de 4 % en moyenne par an, en bovins mixte (+ 2,3 %) ou en bovins lait (+ 2,2 %).

Si l’emploi salarié progresse, c’est aussi parce que le nombre de chefs d’exploitation diminue. Entre 2010 et 2019, leur effectif a baissé de 1 % par an en moyenne. L’embauche d’un salarié est parfois la réponse au départ d’un associé.

Intégrer les nouveaux

La main-d’œuvre familiale se fait de plus en plus rare. Le nombre en UTA de conjoints et autres actifs non-salariés a baissé de 7,6 % par an depuis 2010. Mais dans le même temps, celui des salariés a augmenté de 1,2 % par an. Des salariés qui peuvent notamment arriver d’autres secteurs d’activité et dont le premier accueil ne doit pas être négligé, estime Daniel Audo, salarié agricole et élu à la chambre d’agriculture du Morbihan. « Une première expérience qui se passe mal est perdue, estime-t-il. Il est nécessaire de bien intégrer et de fidéliser ceux qui arrivent. »

Entretien des relations

Si trouver des candidats à l’embauche est un premier défi pour bon nombre d’agriculteurs, donner envie à un « bon salarié » de rester en est un second. « On oublie souvent qu’il faut garder ses salariés avant de vouloir en attirer de nouveaux. Le bouche-à-oreille fonctionne très bien si les choses se passent mal », explique Daniel Audo.

Ce dernier rappelle quelques basiques : « Les relations normales de politesse et le respect mutuel entre employeurs et salariés est primordial, c’est même l’un des premiers critères pour fidéliser ses employés. » L’environnement et les conditions de travail ont également leur part d’importance : « Donner l’accès à des WC ou mettre à disposition des protections individuelles à ses salariés, cela est obligatoire, mais ce n’est pas toujours fait. C’est pourtant essentiel », insiste-t-il.

L’équilibre doit être rapidement trouvé entre vie professionnelle et personnelle. « Nous sommes dans des métiers du vivant, il existe des contraintes pour l’employé, insiste Daniel Audo. Mais le chef d’exploitation doit trouver un équilibre pour respecter les horaires. »

Si les relations entre employeurs et salariés sont importantes, l’entretien d’une bonne entente entre les employés ne doit pas être mise de côté : « La bonne ambiance avec les collègues, savoir se dire les choses passe avant même le critère de rémunération, souligne l’élu. Bien sûr, la reconnaissance financière entre en ligne de compte. »

De l’épargne salariale

Des dispositifs, comme l’épargne salariale, permettent au chef d’entreprise de gratifier ses salariés. Les sommes versées dans ce cadre ne sont pas soumises aux charges sociales, ni fiscalisées. Seule la CSG-CRDS reste due. Et ce sont des dispositifs qui bénéficient aussi au chef d’entreprise. Un plan d’épargne peut être ouvert auprès d’un établissement bancaire par toute exploitation comptant au moins un salarié. Il est alimenté de plusieurs manières : versement volontaire du salarié, prime d’intéressement, participation, abondement de l’entreprise. Les fonds sont indisponibles durant cinq ans. Ils peuvent être débloqués dans des cas prévus par la loi : mariage, Pacs, naissance, acquisition de la résidence principale, décès, divorce, invalidité… (lire La France agricole n° 3805 du 21 juin 2019, page 54).

Des compléments de rémunération

L’employeur a aussi la possibilité de recourir à d’autres formes de rémunération pour offrir du pouvoir d’achat à ses salariés tout en bénéficiant d’exonérations de charges (patronale et salariale). « Il existe un panel assez large de dispositifs tels que les cadeaux et bons d’achat, les chèques culture, les chèques vacances, la participation aux activités sportives… », détaille Christelle Dupin-Rappart, responsable du service juridique et social à CerFrance Midi-Méditerranée. Les chèques « culture » sont exonérés de cotisations quel que soit leur montant, tandis que les chèques cadeaux sont soumis à des règles plus strictes (voir l’infographie ci-contre).

Pour les chèques vacances, le plafond ouvrant droit à exonération est au maximum de 30 % du Smic brut mensuel par salarié et par an, soit 466 € en 2021. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, s’il est donné par l’entreprise (car il n’y a pas de comité social et économique - CSE), il doit faire l’objet d’un accord d’entreprise. La contribution de l’employeur doit être modulée selon les niveaux de rémunération et ne pas se substituer à un élément de salaire passé ou à venir. Le seul organisme autorisé à en émettre est l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV). « Ces compléments de rémunération représentent une réelle opportunité pour l’employeur de récompenser et fidéliser ses salariés. La mise en place nécessite peu de formalisme et constitue un réel outil de management », complète l’experte.

Faire la différence

« Le plan d’épargne, la prime de fin d’année, les chèques vacances ou déjeuner, etc. sont autant d’outils à la disposition des entreprises agricoles pour fidéliser leurs salariés, explique Daniel Audo. Bien sûr, il ne faut pas tous les dispositifs partout. Mais ils permettent à une exploitation agricole de se différencier des autres. »

A. Gambarini, A. Marcote et M. Salset

(1) Bilan annuel de l’emploi agricole (BAEA).

Résultats 2019 et estimations 2020, au périmètre du recensement agricole 2010 - Agreste.

Des outils de gratification

• Plan d’épargne entreprise

• Plan d'épargne retraite

• Prime de fin d’année

• Chèque vacances

• Chèque déjeuner

• Chèque culture

• Bon d’achat

• Adhésion à un comité d’œuvres sociales et économiques

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Cet article est paru dans La France Agricole

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