Au Gaec le Bréguéro, c’est une affaire de famille. Les trois frères associés engraissent les veaux du troupeau laitier, comme leur père avant eux. Installés à Évellys dans le Morbihan, Hervé, Marc et Thomas Onno, ainsi que leur salariée Sandra mènent cet atelier de front avec la conduite de 140 laitières normandes et l’engraissement de 450 porcs.

Le Gaec vend chaque année 48 taurillons normands et croisés de 22 mois à Bigard. En début de chaîne, ce sont ainsi une cinquantaine de veaux mâles normands et croisés et quelques femelles croisées qui rentrent annuellement à l’engraissement. « Nous gardons tous les mâles normands. Nous vendons les beaux veaux croisés blanc bleu belge et nous gardons les plus petits à l’engraissement » explique Hervé Onno. Le Gaec conserve aussi toutes les génisses normandes pour le renouvellement et la vente en élevage.

« Notre père a investi dans un bâtiment d’engraissement voilà 50 ans. Il est aujourd’hui amorti ». L’exploitation n’assume que les frais d’entretien. Les jeunes bovins à l’engraissement se répartissent dans des cases de 8 places sur caillebotis en béton. Un deuxième bâtiment a vu le jour en 2001 pour accueillir et alloter les veaux en post sevrage.

Un deuxième tank pour l’allaitement

Les vêlages des vaches laitières s’échelonnent du 20 février au 25 mai, en extérieur. Cela permet aux éleveurs de faire des lots avec des veaux ayant un maximum de trois semaines d’écart. Cet étalage maîtrisé des vêlages est possible grâce à une gestion de l’insémination artificielle au cordeau. « Nous commençons par inséminer en normand pendant un mois. Ensuite, nous passons à de la semence blanc bleu belge durant trois semaines. Après cela, les vaches à problèmes de reproduction sont inséminées en Inra 95. Enfin, les dernières reçoivent de la parthenaise » détaille Hervé. Il arrête les inséminations vers le 15 août, signal du départ en vacances.

Après le vêlage au pâturage, les veaux élisent domicile dans des cases individuelles paillées durant 6 jours, le temps de recevoir du colostrum, puis le lait non commercialisable des mères. Ils déménagent ensuite dans des cases collectives de 18 veaux. Ils sont nourris au lait cru durant toute la phase lactée. Outre le tank de Lactalis, le Gaec possède ainsi un deuxième tank qui réceptionne tout le lait non commercialisable des fraîches vêlées. Ce lait gardé à température ambiante dans le tank suffit à nourrir la troupe jusqu’à début avril. Ensuite, Hervé ajoute du lait commercialisable jusqu’au sevrage. Au total, l’allaitement des veaux absorbe 30 000 litres de lait par an (dont la partie non commercialisable). En parallèle, 750 000 litres sont livrés à Lactalis. En plein cœur du mois de mars, au pic de naissances, le deuxième tank est bien utile « pour éviter le gâchis ». Hervé reconnaît que durant ces quelques semaines, le travail s’intensifie avec au pic 25 vaches traites sur le bidon de colostrum. En contrepartie, l’exploitation passe en monotraite en hiver.

15 % du chiffre d’affaires

De plus, le vêlage groupé de printemps et le lait des mères donnent un avantage sanitaire de taille : « certaines années, nous n’avons aucune diarrhée ».

Après le sevrage, les jeunes bovins sont conduits en toute auge, avec le même ensilage de maïs et le même concentré que les laitières. « Nous aimons la simplicité » appuie Hervé.

En 2025, les taurillons ont affiché un poids moyen de 431 kg net carcasse. Résultat, la vente a rapporté entre 3 000 et 3 500 € par tête, pour une marge brute moyenne de 1 404 € par animal. Chaque bovin produit aura coûté 309 € de concentrés à l’exploitation. Au total, l’atelier d’engraissement représente 15 % du chiffre d’affaires, contre 63 % pour l’atelier laitier. Ce triptyque lait, porc, jeunes bovins permet aux exploitants de retomber sur leurs pieds quelle que soit la conjoncture.