« Pour tous les éleveurs qui ont gagné moins de 11 000 euros en 2020 et qui ont subi des pertes importantes, ce qui représente 18 000 exploitations, […] nous allons mettre en place un dispositif exceptionnel de soutien financier qui permettra de couvrir jusqu’à 80 % des pertes d’exploitation », a affirmé le Premier ministre en conclusion d’une table-ronde dans la Creuse ce 6 mars 2021 avec les représentants de cette filière agricole.

En plus du plan de relance

« Cela signifie une enveloppe de 60 millions (d’euros) qui va s’ajouter à l’enveloppe prévue dans le plan de relance […] de 50 millions pour la restructuration de la filière, actions que je veux lier », a ajouté Jean Castex. Dans le plan de relance présenté au début de septembre, le gouvernement prévoit un total de 1,2 milliard pour le secteur agricole et agroalimentaire.

« Il y a une situation d’urgence, nous devons (y) répondre, a insisté Jean Castex. Mais les aides d’urgence ne régleront rien » pour la filière de l’élevage. « Il faut que ces filières continuent à s’améliorer, notamment dans le secteur de la viande, à mieux se structurer. On ne peut pas vous abandonner. La crise Covid a fait naître des situations de difficulté, de précarité. »

Une multitude de défis

Célébrés par les autorités politiques pour avoir continué à nourrir les Français au plus fort de la crise sanitaire, les agriculteurs demeurent confrontés à une multitude de défis et à un malaise qui demeure, privés encore cette année de leur vitrine du Salon de l’agriculture pour cause de Covid-19.

Au-delà de l’élevage, le revenu des exploitations a reculé en 2020, a estimé l’Insee à la fin de décembre, conséquence de mauvaises récoltes de céréales et de betteraves, et de la baisse des rentrées d’argent des élevages porcin et bovin (lait et viande). Les éleveurs dénoncent régulièrement le fait qu’ils vendent leurs bêtes à un prix inférieur à leurs coûts de production.

La Fédération nationale bovine (FNB) a récemment calculé qu’un éleveur bovin avait gagné en moyenne 8 000 euros en 2020, soit moins de 700 euros par mois. La surmortalité par suicide est aussi « particulièrement marquée chez les éleveurs bovins (lait et viande) âgés de 45 à 54 ans », selon la FNB.

Un « premier signe de reconnaissance » salué par la FNB

Dans un communiqué publié ce lundi 8 mars 2021, la FNB salue un « premier signe de reconnaissance, par le Gouvernement, de la crise historique que traversent les éleveurs. L’État reconnaît donc, désormais, l’urgence de la situation », souffle le syndicat majoritaire des éleveurs de bovins viande.

Si ce « geste » est le bienvenu, la FNB rappelle que « ce plan d’urgence, dont les modalités d’attribution ne sont pas encore connues, ne constitue pas une réponse adaptée à la gravité de leur situation ».

Et d’ajouter que « le Gouvernement doit rapidement intervenir pour garantir aux éleveurs un prix couvrant leur coût de production ». Pour l’association spécialisée de la FNSEA, c’est la seule voie qui permettra de maintenir les exploitations de bovins allaitants à long terme.

Avec l’AFP