Les producteurs de la Haute-Saône ont donné le coup d’envoi de la journée nationale de mobilisation lancée par la FNPL dès hier soir. Dans leur collimateur, les coopératives qui « s’étonnent de cet appel à la mobilisation ». Ce 13 juin 2017, le Grand Ouest est passé à l’action. Le site d’Agrial à Herbignac (Loire-Atlantique), celui de Laïta à Ancenis (Loire-Atlantique), l’usine Yoplait dans la Sarthe… plusieurs sites étaient visés.

Des dizaines d’agriculteurs bloquaient avec cinq tracteurs la laiterie Even à Ploudaniel (Finistère). « Nous allons bloquer le site tant que nous ne sommes pas reçus par les administrateurs de la laiterie, a déclaré Typhaine Riou, du syndicat Jeunes Agriculteurs (JA). Le prix du beurre a doublé mais il n’y a pas d’impact sur nous. Nous souhaitons une meilleure répartition de la valeur ajoutée. »

Revaloriser le prix du lait

À Cesson-Sévigné, près de Rennes, devant le site d’Agrial, 25 producteurs de lait étaient sur place. « Nous demandons la revalorisation du prix du lait de 30-40 € les 1 000 litres », alors que le lait est acheté par les coopératives en moyenne 305 €/1 000 l actuellement, a précisé Florian Salmon, président des JA de l’Ille-et-Vilaine.

En pleine pénurie de beurre, « on ne nous incite pas à produire plus. Par le prix, les gens ne sont pas incités à produire, a-t-il regretté. Nos coopératives se doivent de montrer l’exemple. Et la loi Sapin 2 n’est pas appliquée, il doit y avoir une transparence sur les marges des différents acteurs », a-t-il encore souligné.

Blocage de la Laïta à Yffiniac. © Twitter/FDSEA 22

Dans les Côtes-d’Armor, une dizaine d’agriculteurs bloquaient la coopérative Laïta à Yffiniac. « Nous filtrons les entrées et les sorties mais la consigne est donnée de ne pas perturber la collecte de lait », a précisé Philippe Cherdel, de la FDSEA. Une centaine de producteurs laitiers des Côtes-d’Armor avaient déjà mené une action la semaine dernière en bloquant l’usine Sodiaal de Guinguamp.

Une visite symbolique chez Système U

Durant la journée de mobilisation, des représentants de la FNPL se sont rendus symboliquement dans un magasin Super U au cœur de Paris. Ils y ont rencontré Serge Papin, le PDG de l’enseigne, pour exposer avec lui ce qu’il était possible de faire. À cette occasion, ils ont brandi le contrat signé par Super U pour un an, portant sur 130 millions de litres de lait à 35 centimes par litre pour les marques de distributeur de l’enseigne.

« On a l’impression que nos coopératives aujourd’hui suivent le mouvement. Alors que ce qu’on leur demande puisqu’elles collectent plus de 60 % du lait français, c’est d’être leader sur le prix », a expliqué Yohann Barbe, responsable du dossier sur le lait chez JA. Thierry Roquefeuil, le président de la FNPL a, quant à lui, affirmé que le contrat signé avec Système U montrait que certaines choses sont possibles. « On est à vos côtés, on n’a pas envie que les producteurs de lait disparaissent » à pour sa part témoigné Serge Papin.

La FNPL doit rencontrer le ministre pour échanger sur la situation du marché du lait et les négociations autour du prix du lait en fin d’après-midi, vers 18h30. Jacques Mézard devrait s’exprimer à l’issue de cet entretien.

T.D. avec l’AFP