Le datura, appelé aussi plante du diable, est toxique pour l’homme et l’animal, même ingéré en faible quantité. « D’instinct, les animaux ne la pâturent pas, mais les graines qui tombent sur le couvert environnant peuvent toutefois être consommées par les animaux et provoquer des intoxications », explique Cécile Grosseuvres, de la chambre d’agriculture.

Depuis l’arrêt de l’utilisation de l’atrazine, la présence de la plante augmente fortement dans le département car ses graines se disséminent facilement. Les zones cultivées ne sont pas les seules concernées. Le datura pousse partout : sur le bord des routes, sur les ronds-points, les terrains vagues, dans les jardins particuliers…

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Des intoxications qui peuvent être mortelles

« Le datura contient des alcaloïdes tropaniques qui, même en faible quantité, provoquent une intoxication pouvant être mortelle », déclare Arnaud Bessé, le président de la chambre d’agriculture.

« Face à sa dangerosité pour l’homme et l’animal, un classement en espèce nuisible invasive serait bénéfique tout comme la mise en place d’un plan d’actions de prévention et de lutte adapté », ajoute-t-il

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Limiter la montée à graines

Pour lutter actuellement, il convient d’éviter que la plante ne monte à graines. Mieux vaut donc les faucher, les broyer ou les arracher le plus tôt possible en prenant des gants. La chambre d’agriculture conseille de sortir les résidus de la parcelle car les graines non matures vont quand même finir leur cycle et être capables de germer. Le port de gants, d’une combinaison et d’une visière est recommandé pour éviter les risques de brûlures.

En fin de saison, pour les plantes déjà à graines, il vaut mieux dans la mesure du possible, les sortir de la parcelle et les composter à 70°C au minimum sur une plateforme étanche afin de s’assurer de la non-viabilité des graines. Le brûlage des plantes est proscrit en raison de la forte toxicité des fumées dégagées.

Marie-France Malterre