Ce n’est un secret pour personne, le Cifog, l’interprofession du foie gras, ne partage pas la même approche que le Modef et la Confédération paysanne sur la claustration des volailles face au risque d’introduction du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène dans les élevages à partir de la faune sauvage. Il a tenu à le redire ce 10 mai 2021 quelques heures avant que les deux syndicats s’expriment sur le sujet.

« Une nécessité impérative et temporaire »

« Le Cifog tient à rappeler qu’en cas de risque élevé déclenché par les pouvoirs publics, la mise à l’abri de tous les palmipèdes dans les zones vulnérables (haute densité, zones à risques particuliers…) pour les protéger d’une introduction du virus par les oiseaux sauvages est une nécessité impérative et temporaire », argumente l’interprofession.

Cette déclaration intervient la veille d’une réunion avec le ministre de l’Agriculture et la filière, pendant laquelle Julien Denormandie doit livrer la « feuille de route » issue « d’un important travail de concertation […] réunissant les pouvoirs publics, les scientifiques […], ainsi que les représentants de tous les syndicats agricoles et de toutes les filières avicoles en tenant compte des impératifs de tous les modes de production, sans exception. »

Pas de remise en cause du plein air

Concernant la claustration des volailles, l’interprofession précise que cet « impératif prôné par les experts scientifiques ne remet absolument pas en cause la pratique de l’élevage en plein air. L’accès au parcours extérieur reste une priorité, quel que soit le modèle de production. Affirmer le contraire serait non seulement mensonger mais surtout irresponsable pour l’avenir de toute la filière. »

Et d’ajouter que « cette mise à l’abri temporaire va imposer des adaptations qu’une majorité des professionnels en circuit long comme en circuit court a déjà pris en compte ». Le Cifog explique que « l’objectif commun est d’éviter une nouvelle crise d’influenza aviaire en renforçant les dispositifs permettant de sécuriser la production, en particulier durant les périodes à risque lors des migrations d’oiseaux sauvages. »

Le Cifog termine son communiqué de presse en rappelant que l’interprofession attend aussi de Julien Denormandie « une confirmation des dispositifs d’indemnisation et des enveloppes budgétaires négociées […] au profit […] des couvoirs, éleveurs et entreprises de la filière. »

Éric Roussel