Le non-renouvellement du Phosmet, un insecticide d’automne, par la Commission européenne aura des « conséquences dramatiques pour les producteurs de colza », soutient la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux) dans un communiqué publié le 21 décembre 2020. Un message également relayé par Terres Inovia et Terres Univia le même jour.

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Une perte potentielle de 300 000 ha de colza

« Il n’existe pas, en dépit des nombreux travaux actuellement conduits, de solution alternative au Phosmet qui soit efficace et crédible contre les ravageurs d’automne », insiste la Fop. La filière estime que l’interdiction de l’insecticide entraînerait un « effondrement » des surfaces de colza de 300 000 ha, « alors que la culture subit déjà une baisse considérable ces dernières années. » La surface de colza française est passée d’une moyenne de 1,5 Mha entre 2014 et 2018 à 1,1 Mha en 2020.

« Le rôle du colza est aujourd’hui reconnu dans son effet indirect sur les autres miellées. La diminution de la sole aboutirait in fine à une perte de revenu des apiculteurs, en particulier dans les zones de plaines de grandes cultures où les oléagineux constituent une part primordiale du bol alimentaire des pollinisateurs », poursuivent Terres Inovia et Terres Univia.

L’autonomie protéique « menacée »

Les professionnels craignent, de plus, les conséquences sur la dépendance protéinique, notamment une baisse de la disponibilité en protéines végétales pour l’alimentation animale et en huile végétale qui provoquerait une augmentation des importations « en provenance de pays où OGM et déforestations sont assumés ».

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« À l’heure où le plan de relance des protéines végétales voulu par le président de la République vient d’être concrètement mis en place par le ministre de l’Agriculture, la suppression du Phosmet porterait donc un coup d’arrêt fatal à l’ambition et réalisation effective de celui-ci », souligne la Fop.

Le tissu industriel serait également en danger. « 300 000 ha de colza correspondent à l’activité d’une usine de trituration française. Les conséquences sur la filière en termes d’emplois doivent absolument être prises en compte », poursuit Terres Univia.

Justine Papin
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