Depuis que l’injection de biométhane est possible dans le réseau, GRDF est le nouvel allié de poids des agriculteurs méthaniseurs et participe activement au développement de la filière. L’entreprise, filiale d’Engie, affirme qu’il est nécessaire de créer des liens entre le changement de gaz et le développement du BioGNV (GNV d’origine biologique, produit en méthaniseur).

Lisser les variations saisonnières

La conversion du gaz naturel fossile vers le renouvelable fait en effet face au défi d’accorder l’offre et la demande. Ceux qui sont équipés d’une unité de méthanisation le savent : la production doit être la plus constante et régulière possible.

Malheureusement, la demande en gaz varie grandement en fonction de la période de l’année, du jour de la semaine ou encore de l’heure. En période estivale, des producteurs sont amenés à brûler du méthane, qu’ils ne peuvent injecter dans le réseau congestionné. Le nombre de projets d’unités de méthanisation connaît une augmentation considérable. Le développement de ce mode de transport décarboné pourrait servir à absorber la hausse de production.

« Le dilemme de l’œuf ou la poule »

GRDF travaille avec des organismes qui développent le réseau de stations-service GNV, dans un objectif de maillage du territoire, nécessaire au développement de la flotte de véhicules concernés. « Nos perspectives prédisent des évolutions similaires entre la quantité de biométhane injectée dans le réseau et la demande potentielle en GNV. Les évolutions de ces deux filières doivent se faire en parallèle. Il faut contribuer à ce développement par la création du réseau. On en parle depuis longtemps mais on tombe sur le dilemme de l’œuf ou la poule : pas de véhicule, pas de station, mais pas de station, pas de véhicule, constate Éric Feuillet, chef de projet en biométhane chez GRDF. Beaucoup de transporteurs ont promis de s’équiper en véhicules propulsés au GNV lors du pacte biogazier breton, acté à l’occasion du dernier Space. »

La question des mobilités durables suscite un intérêt croissant dans le contexte sociétal contemporain. Le développement du bio-GNV devrait améliorer l’acceptabilité citoyenne de la filière de la méthanisation, parfois pointée du doigt à tort.

G. Baron