«Lorsque j’ai fait installer le robot, il y a six ans, j’avais deux impératifs : ne pas modifier mon système de gestion de l’herbe, avec recours au pâturage tournant, et continuer à incorporer les céréales produites sur l’exploitation dans la ration des animaux. Sachant que cette ration comporte beaucoup d’herbe, ce qui limite la complémentation. » Philippe Hilaire, quarante-neuf ans, est installé depuis 1992 à Burey-la-Côte, sur le plateau du Barrois, à la limite des départements de la Meuse, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle. Dans ce secteur, une partie des prairies sont situées en zone inondable et ne peuvent être retournées. Sur l’exploitation de 233 hectares, l’herbe représente 133 ha en prairies naturelles, les cultures 100 ha, dont 40 ha de maïs, 15 ha d’orge d’hiver, 6 ha de triticale et le reste en blé.

Orge d’hiver et triticale au menu

L’orge d’hiver et le triticale entrent dans l’alimentation du cheptel, associés à des tourteaux de colza et de soja achetés à l’extérieur. La partie élevage comporte aussi un atelier d’engraissement de 80 taurillons. Quelque 380 bêtes sont présentes sur l’exploitation à l’année.

Lorsque ses parents sont partis à la retraite, l’agriculteur a été confronté à un problème de main-d’œuvre. Le robot de traite s’est vite imposé. Philippe emploie désormais un salarié à temps plein, Jordan, titulaire d’un BTS agricole.

La référence laitière en 2019 était de 780 000 litres, dont 720 000 l vendus au principal collecteur de la région, l’Union laitière de la Meuse (ULM). Le reste est donné aux veaux. « Le robot me permet de différencier le lait qui part à la laiterie de celui qui leur est destiné, explique-t-il. Un distributeur automatique les alimente directement. »

Céréales aplaties tous les trois mois

Près de 180 tonnes de céréales produites sur l’exploitation sont consommées annuellement. Elles sont stockées à plat dans un bâtiment dédié, avec les tourteaux de colza et de soja. Ces tourteaux sont non OGM, l’exploitation étant engagée dans cette filière de l’ULM avec une plus-value de 10 euros/1 000 litres. Les céréales sont broyées tous les trois mois environ, à l’aide d’un aplatisseur attelé au tracteur. Tous les dix jours, les cellules du robot sont rechargées, chacune d’elles pouvant contenir deux tonnes d’aliment. « J’ai modifié les cellules pour qu’elles puissent être approvisionnées par le haut avec le tracteur », poursuit Philippe.

Au pâturage, les vaches tournent sur quatre parcelles, à raison de huit jours par parcelle. Les refus sont fauchés. Le retour au hangar est libre. Aucun point d’eau en pâture n’a été installé pour attirer les vaches vers le bâtiment. Le robot leur est accessible de 8 h 30 à 2 h 30 du matin. Les plus fortes productrices atteignent, en moyenne, 3,5 traites par jour. « Sur les 80 laitières présentes, l’objectif est d’en avoir toujours entre 65 et 70 au robot afin de l’optimiser, souligne Philippe. Pour ce faire, les vêlages sont répartis tout au long de l’année. »

Pendant la période intensive de pâturage, entre avril et juin, la ration des vaches distribuée à l’auge est divisée par deux par rapport à la ration hivernale. Cette dernière est composée de 20 kg bruts de maïs, 15 kg d’ensilage d’herbe, 1 kg de blé, 1 kg d’un mélange de tourteaux de soja et de colza, et de 800 g de paille par jour. La complémentation est réalisée en fonction de la production : 3,5 kg de céréales maison aplaties, ainsi que 3,5 kg du mélange soja-colza pour les plus hautes productrices.

La production moyenne est de 10 200 litres par vache et par an. Le taux butyreux moyen atteint 42,7 g/kg et le taux protéique 33,3 g/kg. Quant aux comptages cellulaires, ils restent inférieurs à 250 000/ml.

Dominique Péronne