L'agrivoltaïsme n'est plus un simple concept théorique. Avec la loi APER, il devient une pratique réglementée où la production d’électricité doit rester secondaire par rapport à l’activité agricole. Mais comment cela se traduit-il concrètement pour un éleveur bovin ? C’est tout l’enjeu du témoignage de Pierre-Baptiste Bier, éleveur de Montbéliardes en Moselle, et de l’expertise de Thomas Bringuier (DVP Solar).
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L’agrivoltaïsme : Un service rendu à l'agronomie et au bien-être animal
Contrairement aux centrales photovoltaïques au sol classiques, l'agrivoltaïsme doit apporter un service direct à l’exploitation. La loi APER précise d’ailleurs que la mise en place de solutions agrivoltaïques sur une exploitation d’élevage doit s’adosser à quatre piliers : amélioration du potentiel agronomique, adaptation au changement climatique, protection contre les aléas climatiques (grêle, sécheresse) et amélioration du bien-être animal. Compte-tenu de son système, la gestion de l’herbe fait figure de bénéfice majeur pour Pierre-Baptiste Bier. Sur son exploitation en agriculture biologique, les panneaux servent de bouclier climatique, permettant de maintenir une pousse de l'herbe même en période de fortes chaleurs, sécurisant ainsi le système herbager.
L’innovation technologique : Pourquoi le système "Tracker" change tout
Le débat a mis en lumière une distinction cruciale : le photovoltaïque fixe vs le système avec trackers mobiles. En élevage, le système mobile est présenté comme la condition sine qua non.
- Répartition de l'eau : Les panneaux mobiles évitent que l'eau ne stagne toujours au même endroit.
- Homogénéité de la pousse : L'ombre circule sur la prairie, évitant les zones de "brûlure" ou de manque de lumière.
- Confort des bêtes : Les panneaux sont surélevés (axe de rotation à 2,80 m), permettant le passage des animaux et des engins sans risque de collision.
Sécuriser l'agriculteur : Baux, contrats et garanties
L'une des plus grandes craintes du monde agricole concerne le foncier. Thomas Bringuier détaille un modèle sécurisant pour l'exploitant, notamment grâce au bail emphytéotique avec division en volume qui précise que le développeur loue "l'air" au-dessus du terrain (à partir de 1m du sol), ce qui permet de maintenir le bail rural pour l'exploitant. Soulignons également le coût ‘zéro’ pour l'éleveur, avec les investissements (clôtures, abreuvoirs, aménagement des paddocks pour le pâturage tournant) intégralement pris en charge par le constructeur. Enfin, la garantie de démantèlement assure le retrait des installations après 40 ans, même en cas de faillite du développeur, en s’appuyant sur un fonds de garantie abondé par le constructeur.
Une intégration locale et sociétale
Le projet de Bebing (Moselle), évoqué sur le plateau, met en lumière l'importance de la concertation. Une intégration paysagère soignée, au moyen d’implantation de haies bocagères et l’aménagement de pistes de pâturage, couplée à une transparence totale avec les élus et les riverains sont les clés de l'acceptabilité sociale de ces projets.
L’avis de l’expert : "L'agriculture doit rester la priorité"
Le mot d’ordre de ce plateau est clair : c’est à la centrale solaire de s’adapter au projet agricole, et non l’inverse. Pour les éleveurs, c’est une opportunité de diversifier leurs revenus tout en modernisant leurs outils de travail face aux crises climatiques répétées.
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