S’installer en agriculture est une équation complexe. Entre le départ à la retraite de nombreux chefs d’exploitation et les défis climatiques, la carte de France agricole se redessine. Cependant, « devenir agriculteur, ce n’est pas seulement choisir un métier. C’est faire le pari d’un mode de vie, d’un ancrage territorial et d’une certaine idée de l’entreprise. »
Plus qu'un métier, un choix de territoire
Alors, face à des prix du foncier disparates et des filières en mutation, comment choisir le bon point de chute ? Quatuor, spécialiste des transactions dans le Grand Ouest, a analysé les opportunités du moment en croisant plusieurs critères d’attractivité territoriale :
- la dynamique de reprise (nombre de fermes disponibles, de nouveaux installés),
- le prix du foncier,
- les débouchés et l’évolution de la consommation,
- la disponibilité de la main-d’œuvre et l’importance du réseau para-agricole,
- les perspectives liées au changement climatique,
- les perspectives économiques à moyen terme,
- les circuits de commercialisation,
- la qualité de vie.
L’exemple du lait : le match Normandie / Pays de la Loire
L’étude révèle, par exemple, des disparités dans la filière laitière, qui reste un pilier de l’activité agricole du Grand Ouest. Si la Normandie (2e région productrice) affiche un prix des terres libres élevé — 9 340 €/ha en moyenne en 2024, contre 6 400 € de moyenne nationale — ce coût est justifié par un potentiel agronomique exceptionnel et une forte valorisation via les AOP (Camembert, Pont-l’Évêque). Le livre blanc note également que le bocage normand offre une résilience climatique supérieure face aux sécheresses. À l’inverse, les Pays de la Loire (3e bassin laitier) offrent un ticket d’entrée foncier plus accessible, avec une moyenne régionale à 4 040 €/ha, tout en garantissant une haute technicité des systèmes.
Ces données, extraites du livre blanc, permettent aux candidats de comparer objectivement et de se projeter en connaissance de cause dans les régions envisagées pour leur installation.
Bovins viandes, céréales, maraîchage… à chaque projet son territoire idéal
Au-delà du lait, ce document de référence décortique les tendances pour un grand nombre de productions :
- Céréales : Où trouver des terres à fort potentiel dans le Centre-Ouest alors que la région est en pleine recomposition ?
- Maraîchage : Faut-il viser la ceinture dorée bretonne, très structurée mais difficile d'accès, ou les opportunités diversifiées du Sud-Ouest ?
- Volailles et élevage allaitant : Quels sont les bastions historiques qui résistent et les nouvelles zones de conquête ?
- Ovins, caprins : quels secteurs portent le renouveau de ces filières ?
L'étude intègre également le critère désormais incontournable du changement climatique : quels territoires souffriront le plus du manque d'eau et lesquels resteront des refuges fourragers à l'horizon 2030 ?
Vous avez un projet d'installation ou de reprise ? Pour découvrir l'analyse détaillée des prix du foncier, des dynamiques de filières, de la qualité de vie… par région :