La résilience est la capacité à s’adapter face aux challenges et ainsi exprimer tout son potentiel de production dans une large gamme d’environnement. Entre les périodes caniculaires et les pressions sanitaires, la résilience est nécessaire aux animaux d’élevage pour maintenir leur équilibre physiologique et assurer des performances optimales. « Par exemple, en production porcine, le stress thermique baisse l’ingéré et donc la croissance des animaux, illustre Jean-Charles Besnard, chef de marché nutrition porc chez Terrena. Pour un degré au-dessus de la température de confort thermique, ce sont 50 g de GMQ perdus sur les porcs en croissance. L’impact est considérable sur le poids d’abattage. »

Assurer le confort des animaux naturellement face aux challenges en élevage

Un des leviers pour aider les animaux à surmonter les stress et les aléas sanitaires est l’alimentation. « Dans la nature, les animaux ont trouvé des solutions pour maintenir leur équilibre même en situations changeantes. Le biomimétisme, explique Fabrice Robert, responsable R&D du Groupe CCPA, c’est apprendre de la nature. Par exemple, dans l’estomac d’un sanglier, on trouve 70 à 80 ingrédients alimentaires différents, ce qui est énorme par rapport à un aliment d’élevage traditionnel. Dans les années 90, on utilisait 15 à 20 ingrédients dans les aliments 1e âge pour porcelet. » Les avancées en nutrition animale nous ont amenés à diversifier la composition de ces aliments avec succès. Aujourd’hui, nous y retrouvons 30 à 40 ingrédients, permettant d’assurer le confort digestif. 

« Pour les porcelets, reprend Jean-Charles Besnard, le sevrage est une étape particulièrement stressante. Dans la formulation des aliments qui prendront le relai du lait maternel, nous avons par exemple limité les problèmes sanitaires en diversifiant les sources de protéines. Les différents axes travaillés nous ont permis de baisser fortement l’utilisation d’antibiotiques, de 20 % à quasiment zéro molécule antimicrobienne dans les aliments premier âge. »

Trouver des synergies alimentation et santé

Autre observation tirée de l’analyse de l’alimentation d’animaux sauvages, 20 % de leur consommation alimentaire ne sont pas des nutriments à visée énergétique mais bien pour garantir le maintien de l’homéostasie et donc leur confort. « Et les animaux d’élevage ont gardé la capacité de choisir des aliments en fonction de leur état, assure Fabrice Robert. Des poussins stressés, par exemple, préféreront de l’eau additionnée de verveine plutôt que de l’eau pure. Des caprins parasités vont changer leur façon de s’alimenter et consommer plus d’aliments riches en tanins. »

C’est une voie de progrès pour la nutrition animale. « Des produits à base de plantes viennent ainsi enrichir nos formules de nouveaux nutriments contribuant à la santé des animaux, précise Fabrice Robert. Par exemple, la solution nutritionnelle naturelle Feedstim® Poultry, qui contient du curcuma et de la scutellaire, riche en flavonoïdes, aide les volailles à mieux gérer les conséquences digestives des challenges en élevage. » C’est aussi vrai en production porcine. « L’enrichissement en nutriments à valeur santé nous a permis de donner deux axes à nos aliments truies, non seulement performances mais aussi confort de l’animal », résume Jean-Charles Besnard.