« Les années se suivent mais ne se ressemblent pas en termes de pression », a rappelé en novembre dernier Jérôme Thibierge, responsable de la lutte contre les maladies chez Arvalis. L’année 2025 a ainsi été favorable à la rouille naine, notamment sur les variétés d’orge d’hiver sensibles. 

L’helminthosporiose et la rhynchosporiose se sont montrées plutôt discrètes. Arvalis précise qu’elles ont été signalées en début de cycle mais que les conditions météo sèches du printemps ont ensuite limité leur développement. L’année a été beaucoup moins favorable à l’expression de la ramulariose qu’en 2024. Enfin, l’oïdium a été peu signalé.

Le T2 lutte en priorité contre l’helminthosporiose

En fonction notamment de la nuisibilité de l’année et de la sensibilité variétale, le programme fongicide sur orge d’hiver s’appuiera seulement sur un T2 (dernière feuille étalée à sortie des barbes) ou sur un T1 (1 nœud) suivi d’un T2.

Si le T1 a un effet contre la rhynchosporiose, l’oïdium, l’helminthosporiose et les premières attaques de rouille naine, il est possible de faire l’impasse en l’absence précoce de maladies. Le T2, quant à lui, lutte en priorité contre l’helminthosporiose et, dans une moindre mesure, contre la rouille naine, la ramulariose et potentiellement les grillures.

Par ailleurs, l’institut rappelle que pour construire un programme, l’utilisation des SDHI, des strobilurines et du prothioconazole doit être limitée à une seule application par campagne. Il faut aussi alterner les molécules, notamment les triazoles entre eux. De plus, un T2 à 3 voies (SDHI, triazoles, strobilurines) n’est nécessaire qu’en cas de forte pression rouille naine et/ou helminthosporiose.

Efficacité des produits testée au T2

Après un T1 commun avec la référence Unix Max 0,6 l (cyprodinil) + Meltop One 0,3 l (fenpropidine), l’efficacité des produits a été testée au T2 dans les essais d’Arvalis.

Sur rouille naine, les regroupements 2024-2025 montrent que les références Revystar XL 0,7 l (mefentrifluconazole + fluxapyroxade) + Comet 200 0,35 l (pyraclostrobine), Elatus Era 0,7 l (prothioconazole + benzovindiflupyr) + Amistar 0,35 l (azoxystrobine) et Kardix 0,7 l (bixafène + fluopyram + prothioconazole) + Quibilium 0,35 l (pyraclostrobine) disposent respectivement de 85 %, 87 % et 89 % d’efficacité.

Contre ce pathogène, les molécules en cours de développement, l’Adepidyn (1) associée au prothioconazole, ou Pavecto (2) à 1,2 l avec un partenaire sous code, montrent aussi de bonnes efficacités. C’est aussi le cas pour la solution de BASF à 2 l (méfentrifluconazole + soufre) + Priaxor EC 0,67 l (pyraclostrobine + fluxapyroxade).

Forts écarts sur ramulariose

« Bien positionnées, toutes les solutions testées contrôlent très bien la rouille naine », ajoute le spécialiste.

Les regroupements d’essais pluriannuels montrent en revanche des écarts plus importants entre les solutions sur ramulariose. L’Adepidyn présente 96 % d’efficacité, le Pavecto 86 %. Et cette fois, Elatus Era 0,7 l + Amistar 0,35 l/ha ne dépasse pas 53 % d’efficacité. Et Revystar XL 0,7 l + Comet 200 0,35 l présente 67 % d’efficience.

(1) L’Adepidyn, ou pydiflumétofène, est une molécule en cours de développement. Syngenta espère la commercialiser seule pour 2027 et en formulation pour 2028.

(2) Autre substance en cours de développement, Pavecto, ou métyltétraprole. Philagro souhaite une commercialisation en solo pour 2028.