Depuis son installation en 2014 sur la ferme familiale, dans la Somme, Adrien Derycke a toujours produit du blé tendre Label rouge, comme son père avant lui. « La filière existait historiquement avec Cap Seine, avant que la coopérative ne fusionne pour devenir Natup », relate-t-il. La part de son assolement de blé engagé en Label rouge varie chaque année. Pour la récolte 2026 par exemple, elle représentera 40 ha sur 75 ha de blé, avec quatre variétés proposées par Natup, en accord avec les meuniers.

Le cahier des charges du label impose l’utilisation de semences certifiées, notamment pour assurer une pureté variétale. Une contrainte qu’Adrien Derycke ne considère pas comme telle. « Je n’achète déjà que des semences certifiées, car je ne peux pas stocker de céréales à la ferme, ni faire de semences moi-même », explique-t-il. Au semis, une vigilance est requise. « Il faut vider entièrement le semoir et bien le souffler avant de semer une variété Label rouge », justifie-t-il. La récolte nécessite une gestion plus complexe. « C’est l’étape qui demande le plus de temps. Parfois, je termine une parcelle et me retrouve à ne livrer que quelques tonnes seulement car je ne peux pas faire de mélange avec une autre parcelle. C’est une question d’habitude, de travailler parcelle par parcelle, et variété par variété », indique l’agriculteur.

Quant à l’itinéraire technique, quelques matières actives sont interdites, à l’instar du régulateur de croissance Cycocel, « mais d’autres sont utilisables », explique Adrien Derycke. La fertilisation azotée doit être fractionnée en trois apports, et justifiée. Le blé doit, entre autres, obtenir un taux de protéines supérieur à 11,5 % pour être Label rouge. Pour atteindre cet objectif, l’agriculteur s’appuie sur l’outil de pilotage Farmstar. D’autres critères de qualité sont attendus : une humidité strictement inférieure à 15 % ou encore un poids spécifique supérieur ou égal à 76 kg/hl.

Traçabilité

La traçabilité est un autre aspect important de la filière. « Toutes les parcelles sont référencées, et l’ensemble des interventions réalisées doit être envoyé à la coopérative avant la moisson, décrit Adrien Derycke. Il y a encore quelques années, faire du blé Label rouge demandait du travail supplémentaire au niveau administratif. Aujourd’hui, cette contrainte paraît moindre car, de manière générale, on doit noter et justifier ce qu’on fait dans les champs. »

L’agriculteur bénéficie d’une valorisation sous la forme d’une prime à la tonne, dont le montant varie selon les variétés. Celui-ci sera par exemple moins élevé pour une variété plus productive qu’une variété qui fait moins de rendement. Adrien Derycke estime toucher, selon les années, un bonus compris entre 2 € et 10 €/t engagée qui lui permet « de s’y retrouver économiquement » au regard des contraintes « qui ne sont pas exigeantes ».

Cette prime est divisée en deux parties : l’une pour le respect du cahier des charges, et l’autre pour la qualité. Au-delà de l’aspect économique, « produire du Label rouge reste une fierté », considère-t-il.