« L’accompagnement est primordial lorsque l’on introduit un chien de protection dans son troupeau », déclare Marie Marmuse, technicienne à la ferme expérimentale de Carmejane dans les Alpes-de-Hautes-Provence où était organisée le 26 avril 2022 une journée technique ovine.

 

Une centaine d’éleveurs et techniciens en plus de nombreux élèves du lycée agricole sont venus à la « pêche » aux informations concernant les dernières études sur les chiens de protection, la conduite des agneaux, le parasitisme interne, les boucles électroniques, ou les GPS. La ferme travaille depuis six ans avec des chiens de protection, mais l’arrivée de ces nouveaux compagnons ne s’est pas faite sans difficulté.

 

Simon Merveille, le référent de l’Institut de l’élevage apporte son expertise aux techniciens de la ferme et organise des journées de formation pour les éleveurs ou bergers qui le souhaitent. La conduite d’un chien demande des compétences précises. « Si l’inné (génétique) influence le comportement du chien, l’acquis (son éducation) est au moins aussi important », explique-t-il.

 

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« Cela devrait être au programme des élèves »

« Aujourd’hui, nos chiens “fonctionnent” bien, explique Marie Marmuse. Nous sommes en rythme de croisière, mais l’accompagnement est indispensable. Seuls, nous n’avons pas forcément suffisamment de recul pour juger nos pratiques. L’affect peut aussi troubler notre jugement. La formation à la conduite des chiens de protection devrait par ailleurs être enseignée dans les lycées agricoles. »

 

Pour améliorer les connaissances sur le travail de ces chiens, la ferme conduit aussi des expérimentations. Celle menée en 2021 a montré que les distances moyennes parcourues par les chiens variaient entre 8 et 11 km par jour, alors que les brebis ne parcourent que 5 à 7 km en moyenne par jour selon les individus.

Des chiens complémentaires

Neuf brebis et cinq chiens de protection étaient équipés de balises GPS pendant deux périodes de suivi d’une dizaine de jours. « Les distances parcourues par les chiens et leur proximité avec le troupeau relevé par les GPS paraissent cohérentes avec le comportement connu des chiens par l’équipe de Carmejane », explique Marie Marmuse. Certains d’entre eux montrent un plus grand attachement au troupeau tout en parcourant de longues distances, alors que d’autres adoptent plutôt un rôle de « balayeur » ou encore « d’éclaireur ».

 

« Ces données peuvent par exemple servir à associer un chien tenace face à la prédation à un autre moins réactif ou à associer des chiens en fonction de leurs affinités pour éviter des conflits, explique Simon Merveille. Elles peuvent permettre aussi de ne pas associer un jeune chien à celui qui franchit les parcs pour des escapades nocturnes. »

 

Elles peuvent aussi rassurer l’éleveur sur la qualité de l’attachement au troupeau du chien qu’il a peu souvent en ligne de mire en raison du contexte (topographique ou floristique) de la zone pâturée.