« Les attentes des consommateurs en termes de durabilité des produits, d’utilisation de matières naturelles et de traçabilité ont motivé l’élaboration d’un programme unique de certification mondiale pour la fourrure », contextualise la filière française de la fourrure dans un communiqué diffusé le 1er septembre. Bientraitance animale et respect de l’environnement sont au cœur de la démarche.

La certification évoquée, nommée Furmark, combine différents programmes existants. Elle s’appuie principalement sur des certifications nord-américaines et européennes, encadrant les pratiques d’élevage, de chasse et de transformation des peaux. Le programme européen Welfur de contrôle des élevages en fait partie. « Le dernier élevage français de visons en activité est certifié Welfur, indique Pierre-Philippe Frieh, le porte-parole de la fourrure française, à La France Agricole. Et c’est le cas de 98 ou 99 % des élevages européens de visons, renards ou ratons laveurs. » Le label Welfur, lancé en 2020, est désormais un véritable laissez-passer pour accéder aux maisons de vente.

« Harmonisation, traçabilité et lisibilité »

Seulement 5 bassins d’extraction des peaux sont éligibles à la certification Furmark : l’Europe, les États-Unis, le Canada, la Russie et la Namibie.

En ce qui concerne le tannage et la suite du processus de transformation, « les plus grandes entreprises sont en Europe et suivent des normes exigeantes à l’image de la norme Safefur », note le porte-parole. Et pas question d’assouplir les règles en dehors du Vieux continent.

« La certification Furmark permet d’harmoniser toutes ces démarches, d’améliorer la traçabilité des produits finis et d’offrir lisibilité et transparence aux consommateurs », poursuit Pierre-Philippe Frieh.

L’avenir de la fourrure française n’est pas arrêté

À l’échelle de la France, le retentissement de ce lancement peut paraître limité. De fait, les trappeurs ne courent pas les rues, tout comme les élevages de renards et de ratons laveurs. Seul un élevage de visons résiste mais le ministère de la Transition écologique n’a pas dit son dernier mot.

Le 29 septembre 2020, la ministre Barbara Pompili annonçait la fin de cette production à l’horizon de 2025. « La fin de l’élevage de visons est programmée mais n’est pas encore votée, modère Pierre-Philippe Frieh. Depuis longtemps, la filière travaille sur un renforcement réglementaire autour des bonnes pratiques. Le lancement de la certification mondiale Furmark est un pas supplémentaire. Le débat scientifique doit l’emporter sur la controverse idéologique et politique. »

Alexandra Courty