« Pendant que d’autres présentent des prototypes, nous sommes prêts à commercialiser une flotte de machines entièrement robotisées », s’amusent les représentants allemands de Kubota. Le constructeur japonais profite en effet d’une nouvelle législation dans son pays concernant les machines sans chauffeur.

Avec le vieillissement de la population et l’incitation à suivre de longues études tournées vers les industries high-tech, les agriculteurs japonais manquent cruellement de main-d’œuvre. Au point que dans certaines zones rurales de l’île d’Hokkaïdo (un quart des terres cultivées du Japon), des exploitations sont dans l’incapacité de récolter, faute de chauffeurs.

Une utilisation encadrée

Après plusieurs années de lobbying auprès des autorités, les agriculteurs japonais viennent d’obtenir le droit d’utiliser des automoteurs autonomes. Leur emploi est toutefois encadré. Les robots ne peuvent travailler seuls que dans un champ, la présence d’un chauffeur étant obligatoire pour les déplacements sur route. Pour le moment, la présence d’un humain est obligatoire sur le chantier autonome. La loi stipule aussi que le tracteur doit s’arrêter en cas d’obstacle et ne peut redémarrer qu’après une intervention humaine.

Une gamme complète chez Kubota

Kubota est en première position pour répondre aux attentes des agriculteurs japonais qui souhaitent robotiser leur parc. Le constructeur nippon est d’ores et déjà en mesure de proposer des tracteurs, des moissonneuses-batteuses et des planteuses de riz autonomes. Pour les tracteurs, la technologie peut se décliner sur toute la gamme, des plus petits L jusqu’aux M7001. La solution d’entrée de gamme consiste à utiliser une télécommande et à contrôler à distance deux tracteurs autonomes.

Pour les chantiers plus sophistiqués, Kubota s’est associé à TopCon et à l’Université de Kansas State (États-Unis) pour développer une solution de programmation du robot avec un parcours prédéfini dans la parcelle. La sécurité de ces engins est assurée par un ensemble de capteurs à ultrasons et de scanners qui analysent l’environnement de travail en permanence. Avec ces solutions, le gouvernement japonais espère contribuer à maintenir une agriculture familiale dans l’archipel.

Corinne Le Gall