Lauréate du projet Parisculteurs, un concours entièrement réservés à l’agriculture urbaine et à la végétalisation de la ville de Paris, la start-up Cycloponics prévoit de convertir un parking aux portes de la capitale. Situé au niveau – 2 d’une barre HLM à porte de la Chapelle, le parking de 3 500 m² est à l’abandon. Son bailleur social, ICF la Sablière, l’a lui-même proposé dans le cadre de l’appel à projets Parisculteurs.

« Nous avons travaillé sur une importante problématique urbaine pour l’agriculture, qui est l’accès au foncier, présente Jean-Noël Gertz, l’un des fondateurs de la start-up spécialisée dans les cultures indoor. L’objectif est de trouver des solutions sans entrer en concurrence avec les promoteurs immobiliers. D’autres entreprises explorent la piste des toitures. Nous avons misé sur les sous-sols. »

Le projet, baptisé « la caverne », devrait démarrer d’ici à quatre mois, sur 500 m². La ferme urbaine abritera légumes, champignons et micropousses sous des lampes horticoles. Elle pourrait recycler 20 tonnes de bioressources urbaines chaque année. Quelque 800 000 € devraient être investis dans ce projet, pour une production sans pesticide ni OGM. « Mais on ne peut pas encore prétendre au bio, regrette Jean-Noël Gertz. Nous voulons développer une agriculture durable, avec par exemple l’utilisation de substrat à base de marc du café et de résidus provenant de microbrasseries parisiennes. Le projet est également une opportunité pour les habitants du quartier, qui auront accès à un stand de vente directe. Certains seront embauchés comme salariés. »

300 m² cultivés à Strasbourg

La start-up est partenaire de l’institut technique d’horticulture Astredhor, de Végépolys et d’AgroParisTech. À Strasbourg, déjà, elle a lancé un premier projet, dans un bunker des années 1880, abandonné, et dont personne ne savait quoi faire. « C’est un lieu atypique, sur lequel nous cultivons 300 m² sur 150 m² », précise Jean-Noël Gertz. Cycloponics planche encore sur les différents débouchés qui valoriseront sa production. Mais elle n’est pas inquiète. « Ce sont des produits atypiques, une microproduction, qui intéresseront restaurateurs, grossistes et associations », conclut Jean-Noël Gertz.

Hélène ChaligneJournaliste – Service web