Sur ce site classé Seveso « seuil haut », l’objectif était de dénoncer la vente des pesticides par la coopérative, des « produits chimiques nuisibles à l’environnement, à la santé des travailleurs, des paysans et des consommateurs », ont expliqué dans un communiqué les Faucheurs volontaires qui ont présenté leur action comme une « visite citoyenne ».

« Les garanties offertes par les conditions de travail ne sont pas suffisantes pour préserver la santé des salariés », poursuit le communiqué, faisant état de 10 salariés de ce centre de malades.

Une trentaine de salariés ont été accueillis à leur arrivée lundi matin par les manifestants, sur place vers 06h00, et venus principalement de Bretagne et du Sud-Ouest. « Nous leur avons expliqué les motifs de notre présence et les risques pour leur santé », a expliqué Claude Bonnin, l’un des participants.

« Empoisonneurs »

Des slogans ont également été tagués sur le sol ou les murs de l’entrepôt visité, comme « Roundup = cancer ». Parmi les autres slogans, on pouvait lire « Empoisonneurs » ou « Solidarité avec les empoisonnés de Triskalia ».

Un groupe s’est également rendu à Rostrenen, une commune voisine, pour y rencontrer des élus. Il s’agissait de les alerter « sur les conditions de travail des salariés et les effets du modèle agricole breton », gros consommateur de produits phytosanitaires, a précisé M. Bonnin.

Les Faucheurs volontaires exigent que le gouvernement mette en place un moratoire sur les semis VRTH (variétés de semences rendues tolérantes aux herbicides) à venir (colza et tournesol). Ils demandent aussi à la direction de Triskalia de prendre « immédiatement des mesures afin d’arrêter la commercialisation de ces produits ».

La réaction de Triskalia

Le groupe Triskalia a « condamné fermement » mercredi dans un communiqué « l’intrusion par effraction et la dégradation de matériel, opérées le 27 août par un groupe de Faucheurs Volontaires, sur son site de Glomel ».

La coopérative « réfute les arguments avancés par le collectif afin de justifier cette manifestation ».

Triskalia rappelle ainsi que « ce site, qui stocke des produits phytosanitaires emballés, est classé Seveso seuil haut. Cela qui implique de nombreux contrôles par les pouvoirs publics pour la sécurité du personnel et l’environnement. L’entrée par effraction alors qu’il existe de nombreux moyens de dialogues, n’a donc rien de citoyen ».

Par ailleurs, Triskalia « s’est toujours refusé à commercialiser les Variétés de Semences Rendues Tolérantes aux Herbicides ».

Enfin, « les Faucheurs Volontaires évoquent le risque pour la santé des salariés et avancent des chiffres qui ne correspondent à aucune réalité constatée par les autorités de prévention ou des instances de sécurité internes au groupe (CHSCT…) ».

Avec l’AFP