La note de conjoncture Agreste fait état des estimations au 1er juillet de la production pour les cultures d’hiver 2016, et des surfaces semées en cultures de printemps. Après des conditions météorologiques favorables à un bon développement en hiver, la fraîcheur et le manque de luminosité ont dégradé le potentiel de rendements des cultures d’hiver, et conduit à des moissons tardives. Les conditions fraîches et les précipitations ont, elles, ralenti les semis de printemps.

Diminution des rendements proche de 10 %

Les rendements en blé tendre perdraient 11 % par rapport à ceux, records, de l’année dernière, et 4,3 % par rapport à la moyenne de 2011 à 2015. C’est à mettre en lien avec l’excès d’eau, la faible luminosité, et la verse subie, en particulier dans la moitié nord et dans l’est de la France. Compte tenu d’une augmentation de 1,4 % de la surface emblavée en blé tendre cette année, la production française (37 millions de tonnes, Mt) serait stable par rapport à la moyenne de 2011 à 2015.

La hausse des surfaces de blé dur (12 %) compenserait, elle, la baisse des rendements (–10 % par rapport au record de 2015), garantissant une production stable (1,8 Mt) par rapport à l’année dernière.

Avec des rendements fortement diminués, les orges de printemps et d’hiver (11,7 Mt) perdraient 10 points sur la récolte à venir, avec une production qui resterait tout de même supérieure de 6 % à moyenne de 2011 à 2015.

Les rendements de colza seraient en baisse de 10 % par rapport à l’année dernière (7 % par rapport à la moyenne de 2011 à 2015). Sans compensation par la hausse des surfaces, la production (4,8 Mt) serait donc en recul. En cause, des maladies, champignons et insectes, particulièrement présents du fait de l’humidité.

Même constat pour les protéagineux, avec une production diminuée de 9 % dont 13 % pour le pois, et ce malgré une hausse des surfaces. La production de féverole serait, elle, stable, mais faible pour la deuxième année consécutive.

Les surfaces de tournesol et maïs grain en recul progressif

Par rapport à 2015, les surfaces sont en hausse pour le soja (+16 %), la betterave industrielle (+3,4 %), la pomme de terre de conservation et de demi-saison (+3,8 %, avec +6 % dans le Nord-Pas-de-Calais) ; et en baisse pour le tournesol (–5 %) et les maïs grain (–4,8 %) ou fourrage (–2,1 %). Pour ce dernier, une disparité régionale serait observée, avec notamment une baisse de 4,7 % dans les Pays de la Loire et une augmentation de 1,5 % en Bretagne.

Par rapport à la moyenne de 2011 à 2015, les surfaces qui connaissent les plus fortes évolutions sont celles de soja (plus de 50 %), de tournesol (–15 %), maïs grain (–9 %) et de pomme de terre (+8 %).

A. Cas.