Taux d’intérêt exorbitants sur les impayés, plan d’apurement des dettes qui asphyxie l’agriculteur, frais bancaires délirants, ruptures de contrats d’assurance, de livraisons d’aliment, de carburant, arrêt des travaux de comptabilité, pression morale… La liste est longue et incomplète. Depuis des mois, les associations d’aide aux agriculteurs en difficulté constatent des pratiques « légales » mais qu’elles jugent moralement particulièrement abusives. Avec sur le terrain des situations de plus en plus dégradées sur le plan humain.

La double peine

« Pour les agriculteurs, c’est la double peine ! » s’indigne Michel Mouillé, agriculteur bénévole à Solidarité Paysans. Les associations ont constaté un manque flagrant d’une déontologie partagée en matière de traitement des dossiers. Elles reprochent aussi un décalage entre la communication faite par certains partenaires sur leur action vis-à-vis de la crise et la réalité avec pourtant « de nombreux opérateurs “coopératifs” qui, pour certains, se réclament parfois de l’économie sociale et solidaire ».

Trop c’est trop ! À l’initiative de Solidarité Paysans, elles ont décidé de dénoncer ces pratiques. Elles veulent rencontrer les acteurs économiques pour essayer de mettre en place une charte de bonnes pratiques sociales en matière d’accompagnement des agriculteurs en difficulté. Un travail à mettre en place dans les départements et qu’elles souhaiteraient voir déboucher au niveau national. « Dénoncer ces pratiques est une chose, se donner les moyens pour qu’elles cessent en est une autre. C’est un devoir moral », affirment-elles.

Isabelle Lejas

(1) Solidarité Paysans Bretagne, Cedapa, Confédération paysanne Bretagne, Chrétiens dans le monde rural, Mouvement rural de jeunesse chrétienne, terres de liens Bretagne.