La Confédération paysanne est sortie « rassurée » de son entrevue avec le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, le mercredi 28 juin 2017. « Je me suis assez reconnu dans sa vision de l’agriculture, qui doit produire en fonction des besoins de la société et non des marchés », a indiqué Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat.

Ressort particulièrement de leur entretien une volonté de « travailler ensemble ». Sur les questions du loup, des MAE, du foncier… Mais aussi en ce qui concerne les États-généraux de l’alimentation voulus par le gouvernement, dont l’agenda précipité embarrasse les responsables de la Confédération paysanne. « Il est prévu entre 40 et 50 réunions en deux mois, la concertation va être limitée, craint Laurent Pinatel… Si on tient le calendrier prévu, on ne va pas changer grand-chose ! »

« Prendre son temps »

Une inquiétude partagée par Nicolas Hulot, qui lui a fait part de son désaccord sur le tempo imposé. Ce dernier semble décidé à « prendre son temps » pour approfondir les sujets du partage de la valeur ajoutée et des attentes de la société. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, censé piloter ces assises, partagera-t-il cette préoccupation ? La question aura sûrement été au cœur des discussions entre les deux hommes, qui devaient se retrouver quelques heures après le rendez-vous de la Confédération paysanne. Cette dernière aura le loisir d’en rajouter une couche auprès du ministre de l’Agriculture, qu’elle devait rencontrer mercredi en fin d’après-midi.

Quoi qu’il en soit, les États-généraux de l’alimentation devraient, comme prévu, débuter la semaine du 10 juillet 2017. Il reste à savoir si leurs conclusions seront effectivement rendues cet automne, comme l’a souhaité Emmanuel Macron, ou bien après. Et quelle en sera la teneur.

Alain Cardinaux