Si 80 % des Français déclarent manger du lapin, seuls 15 % assurent en consommer au moins une fois par mois (contre 25 % en 2010). C’est ce que révèle une étude (1) menée par l’Ifop, en 2018 pour FranceAgriMer et la filière cunicole (Clipp).

Manque de présence à l’esprit

« Le recul de la consommation tient plus de la modification des habitudes alimentaires que de considérations liées aux modes d’élevage », constatent FranceAgriMer et le Clipp, dans un communiqué diffusé le 12 septembre 2018. Un tiers des consommateurs de lapin déclarent ne pas en manger plus souvent car ils n’y pensent pas.

Parmi les autres raisons avancées, figurent la préférence pour d’autres viandes y compris dans l’entourage familial, la tendance à limiter sa consommation globale de viande, le prix, le temps de préparation trop long… « L’image désuète de la viande de lapin, associée à des recettes traditionnelles et aux repas de son enfance, joue également en défaveur de sa consommation par les acheteurs occasionnels. »

Le lien avec l’animal de compagnie est le premier obstacle à la consommation de lapin pour les 20 % des interviewés qui n’en achètent pas.

Une bonne image

80 % des Français ont une bonne image de la viande de lapin, qui « semble avant tout capitaliser sur ses intérêts culinaires et nutritionnels. » Ainsi, « presque tous les interviewés s’accordent sur le fait qu’elle fait partie de la tradition culinaire française, qu’elle est goûteuse, mais aussi qu’elle permet de diversifier l’alimentation et est bénéfique pour la santé ».

Cependant, « seulement un tiers des personnes interrogées déclare avoir déjà été exposé à des informations sur l’élevage de lapins, précise l’étude. Sur les conditions d’élevage plus précisément, l’incertitude persiste : une très courte majorité estime que les lapins sont généralement élevés à l’intérieur d’un bâtiment (53 %), un tiers qu’ils sont à l’extérieur dans des clapiers de basse-cour (34 %, +9 points par rapport à 2010), et 13 % qu’ils sont en plein air ».

« Travailler sur l’imaginaire de la viande de lapin »

L’Ifop déconseille clairement de sortir les consommateurs de leur ignorance quant aux conditions d’élevage. « La présentation d’images d’élevages professionnels s’avère rédhibitoire » pour l’image de la filière cunicole. Un avertissement réitéré lorsque le développement de l’offre sous label rouge et en bio est évoqué : « Synonyme de respect des conditions de vie de l’animal, ces labels suffisent à rassurer le consommateur sans avoir à préciser le mode de logement des lapins. À défaut, la mention “issu d’un élevage inscrit dans une démarche de progrès en matière de bien-être animal” permettant de s’abstraire de la référence au logement spécifique de l’animal, peut inciter à l’achat. »

Outre le développement de l’offre sous signes officiels de qualité, l’Ifop recommande d’accentuer la présence de lapin à la carte des restaurants, la mise en avant de l’origine France comme gage de réassurance, la valorisation de l’alimentation (100 % végétale et/ou sans OGM), ou encore d’améliorer la communication sur ses atouts nutritionnels.

Valérie Scarlakens