Le Conseil de l’UE, qui représente les États membres, a accordé vendredi un mandat à la Commission, qui sera chargée de ces négociations. « L’objectif des négociations sera de régler définitivement un différend de longue date » mais il n’est pas question de revenir sur l’interdiction dans l’UE du bœuf aux hormones, affirme le Conseil dans un communiqué.

Concrètement, il s’agira de voir si « une partie » du quota d’importation dans l’UE de bœuf étranger « de haute qualité » peut être « allouée aux États-Unis », avait déjà expliqué la Commission européenne au début de septembre. Le quota global de bœuf « restera exactement au même niveau » et ne couvrira « que les produits conformes aux normes européennes », avait ensuite insisté le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan.

La querelle sur le bœuf aux hormones remonte à 1988, quand l’Europe avait interdit l’importation de viande bovine issue d’animaux auxquels ont été administrés des hormones de croissance.

En représailles, et en accord avec une décision de l’OMC, les États-Unis avaient imposé en 1999 des sanctions douanières sur certains produits du terroir, provoquant notamment de vives protestations en France et le « démontage » d’un restaurant McDonald’s à Millau, dans le Sud-Ouest.

Un compromis de 2009

Aux termes d’un compromis en 2009 (amendé en 2014), les États-Unis avaient finalement levé leurs sanctions et l’UE ouvert un quota d’importation de bœuf étranger « de haute qualité », incluant le bœuf américain, tout en maintenant son veto sur le bœuf aux hormones.

Mais ce quota a surtout été utilisé par d’autres pays producteurs de bœuf, comme l’Australie, l’Uruguay ou l’Argentine, ce qui a conduit à la fin de 2016 l’administration Obama à menacer l’UE de rétablir les droits de douane de 1999.

L’annonce de l’UE intervient au moment où elle tente de désamorcer le risque d’une guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, qui a instauré des droits de douane punitifs sur son acier et son aluminium et menacé de faire de même avec ses automobiles.

M. Trump et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se sont depuis engagés à « ouvrir une nouvelle phase dans les relations » entre les États-Unis et l’UE, ouvrant une trêve dans les tensions commerciales.

AFP