Emmanuel Macron avait promis le 9 octobre dernier la création d’une start-up d’État pour accompagner la sortie du glyphosate d’ici à la fin de 2020. C’est chose faite. L’Élysée a lancé ce 22 novembre 2018, un site internet, une plateforme d’engagement et d’accompagnement de sortie du glyphosate. Le site souhaite mettre en lien, à l’échelle du département, chaque agriculteur qui est...
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Emmanuel Macron avait promis le 9 octobre dernier la création d’une start-up d’État pour accompagner la sortie du glyphosate d’ici à la fin de 2020. C’est chose faite. L’Élysée a lancé ce 22 novembre 2018, un site internet, une plateforme d’engagement et d’accompagnement de sortie du glyphosate. Le site souhaite mettre en lien, à l’échelle du département, chaque agriculteur qui est en demande d’accompagnement technique. Des témoignages d’agriculteurs qui ont des alternatives y seront publiés.

« L’agriculture doit montrer ce qu’elle fait »

« Le but est d’essaimer les bonnes pratiques de ceux qui sont sortis du glyphosate, expliquent les conseillers de la présidence de la République. Les premiers de cordée aident les autres dans le changement. C’est une forte attente des Français et l’agriculture a intérêt à montrer ce qu’elle fait. Certains agriculteurs sont par exemple prêts à ouvrir leur exploitation à d’autres agriculteurs, ce site permettra de les mettre en contact. »

« Si un agriculteur écrit un mail sur son souhait d’investir dans un robot pour le désherbage mécanique par exemple, on pourra le mettre en relation avec d’autres agriculteurs de la même région qui ont la même requête, pour faire une commande groupée. De même, si on voit que sur un département, il y a vingt agriculteurs en demande de formation pour sortir du glyphosate, on pourra organiser cette formation. »

Créer du lien entre agriculteurs

Chaque agriculteur qui est sorti du glyphosate ou qui s’engage à en sortir peut s’inscrire sur ce site. « Il bénéficiera de l’effet réseau du site », estime l’Élysée. Des compteurs y sont affichés pour voir la dynamique de changement. Une carte de France est également en ligne afin de visualiser les agriculteurs sortis ou ceux qui s’engagent à sortir du glyphosate.

« Il y a plein de bonne volonté pour sortir du glyphosate, mais il y a de la déperdition d’informations. Ce site créera un lien entre les agriculteurs, estime l’Élysée. Cela n’a jamais été tenté de mettre en relation directement les agriculteurs pour accélérer la dynamique. On part du terrain pour aller vers l’objectif national. » Quant à l’accompagnement financier de la sortie du glyphosate, aucune mesure n’est prévue par l’Élysée.

Bug avec les syndicats

« C’est au monde agricole de se saisir de cet outil, précise l’Élysée. Nous avons discuté avec les syndicats, les chambres d’agriculture… et ils s’engagent à promouvoir ce site auprès des agriculteurs, car c’est complémentaire de leurs actions telles que le contrat de solutions, les plans de filières, les ferme Dephy… »

Bizarrement, du côté de la FNSEA notamment, le message est différent. « Nous n’avons été informés de cette initiative que quelques minutes avant le lancement du site, s’étonne Éric Thirouin, président de la commission environnementale de la FNSEA. Nous avions rendez-vous lundi 26 novembre avec le ministère de l’Agriculture pour parler du contrat de solutions et du projet de Start-up d’État. On regrette que cette start-up ait été créée sans concertation avec les acteurs qui sont sur le terrain. L’État n’est pas dans la concertation ni dans l’accompagnement financier. »

« Au nom de la FNSEA, je m’insurge sur un système de dénonciation qui ne donne pas son nom, appuie Éric Thirouin en parlant de ce site internet. C’est un site clivant entre les agriculteurs qui utilisent du glyphosate et ceux qui n’en n’utilisent pas. »

Florence Mélix