« Ouvriers d’abattoirs : des bourreaux ou des hommes ? » Tel est le titre du documentaire diffusé, le 16 février 2017, sur France 2. Sans chercher à excuser la violence de certaines personnes, il donne la parole aux salariés qui se sentent de plus en plus stigmatisés. Les ouvriers témoignent de la pénibilité physique et psychologique de leur travail, des cadences quelquefois intenables et des dysfonctionnements des machines qui, parfois, mènent à des situations monstrueuses.

Le reportage ne manque pas de souligner que l’acte de tuer les animaux est un acte délégué par tous les consommateurs de viande. Il remet ainsi le téléspectateur face à ses propres responsabilités. L’enquête est signée Geoffrey Le Guilcher, qui vient de publier un livre sur le sujet intitulé « Steak machine ».

Du bon usage de la vidéosurveillance

Dans un communiqué de presse, l’association L214 estime que « tant que les vidéos de surveillance resteront en circuit fermé au sein des abattoirs, il ne faut pas espérer que ce dispositif permette un contrôle efficace ». L214 annonce par ailleurs qu’elle va porter plainte pour maltraitance contre l’abattoir de Houdan (Yvelines). L’association y a filmé des actes de brutalité à l’égard de porcs, alors même qu’un dispositif de vidéosurveillance était déjà en place.

L’association CIWF réagit également aux vidéos tournées à Houdan, en déplorant que les images des caméras de contrôle soient visualisées uniquement par le directeur de l’établissement. « Il ne suffit pas de mettre des caméras pour régler les problèmes de maltraitance en abattoir, encore faut-il que les images soient visionnées au quotidien et par une autorité indépendante, a minima par les services vétérinaires », souligne Agathe Gignoux, chargée d’affaires publiques pour CIWF France.

L’association recommande trois mesures depuis plusieurs mois : la vidéosurveillance avec un contrôle indépendant (a minima par les autorités d’inspection), une surveillance continue du poste d’abattage et le renforcement des sanctions.

Valérie Scarlakens