Offres à la carte

De la localisation GPS…

« Il faut différencier les services qui existent, relève Julie Campguilhem, conseillère irrigation au GRCETA-SFA (1) : la télésurveillance, la télégestion simple et la télégestion complète. »

La première a pour but de réduire l’astreinte du suivi de l’irrigation en fournissant à l’agriculteur, à tous moments, la localisation GPS de l’équipement. « Pour l’irrigant, ce service offre du confort mais aussi de la sécurité et de la réactivité, relève François Torres, responsable hydraulique et énergie au GRCETA-SFA. En cas de problème, une alerte se déclenche. Il peut alors réagir tout de suite. » Dans le cas d’une exploitation avec plusieurs salariés, grâce aux écrans de télésurveillance installés dans un bureau, tous peuvent suivre le fonctionnement des appareils et, par exemple, savoir si une parcelle est disponible pour un chantier.

… au pilotage

La télégestion simple donne, en plus, la possibilité de mettre en marche ou d’arrêter les pivots à partir de son smartphone. « Ceci permet d’être plus réactif dans le pilotage de l’irrigation : prise en compte des pluies avec un arrêt de l’irrigation sans déplacement, redémarrage au bon moment selon un optimum technique et non juste pratique », précise Julie Campguilhem.

Dans une télégestion complète, la sectorisation permet à l’agriculteur de modifier la dose d’eau via la vitesse d’avancement de l’équipement, la durée du tour d’eau… selon les différentes cultures sous le pivot.

Nombreux bénéfices

De la souplesse

Si la surveillance reste nécessaire pour vérifier qu’un asperseur n’est pas bouché ou un pneu crevé, elle peut se faire moins souvent et à n’importe quel moment. L’irrigant n’est plus contraint par les horaires de départ ou d’arrivée des appareils pour faire sa tournée.

De la valeur ajoutée

« La télégestion libère du temps pour observer ses champs et repérer des zones d’enherbement, la présence de ravageurs ou autres. Ces éléments n’auraient pas été vus juste en faisant la tournée, visitant toujours le même endroit de la parcelle. Le temps d’astreinte est remplacé par du temps à plus forte valeur ajoutée », appuie Julie Campguilhem.

Des économies

Une réduction du temps de gestion des appareils d’un tiers ou de moitié peut être envisagée.

Si des économies en carburant sont observées, il est difficile de les évaluer. Elles varient selon la surface de l’exploitation, le nombre d’appareils à contrôler, l’éloignement des parcelles…

Concernant les économies d’eau engendrées par la sectorisation, elles dépendent essentiellement des cultures présentes sous le pivot. « Selon nos études, pour des cultures ayant des besoins équivalents (maïs grain/maïs doux), l’économie d’eau estimée n’excède pas 2 % alors que pour un assolement maïs grain/carottes, la réduction peut atteindre 8 à 10 % », compte la conseillère.

Investissement

Temps d’adaptation

Une période de prise en main de l’outil est nécessaire. Pour l’utiliser dans son intégralité, il est primordial de lui faire confiance. « Nous conseillons d’équiper d’abord une machine afin de se familiariser avec la technique, puis les suivantes », précise Julie Campguilhem.

Coût

Le budget se situe entre 1 500 et 6 000 euros par équipement, auxquels s’ajoute l’abonnement.

Florence Mélix

(1) Groupement de recherche sur les cultures et techniques agricoles des sols forestiers de l’Aquitaine.

L’experte
« Piloter avec des outils connectés » Julie Campguilhem, conseillère en irrigation au GRCETA-SFA

« Pour compléter la télégestion, il est pertinent, notamment dans le cas d’îlots éloignés, de piloter son irrigation à l’aide d’outils d’aide à la décision (OAD), tels que les sondes tensiométriques ou capacitives et les stations météo connectées. Pour chaque îlot, les sondes mesurent la disponibilité de l’eau dans le sol. Dans les régions, comme la Haute Lande, avec de fortes variabilités hydriques, il peut tomber 20 mm sur une parcelle et zéro sur une autre.

Avec ces données instantanées, l’agriculteur a la possibilité d’adapter son irrigation à distance et gagne en réactivité. Il concrétise la stratégie d’irrigation qu’il a élaborée à partir de la pluviométrie relevée et de l’état hydrique du sol. Après une pluie, il pourra, à partir de son OAD, redémarrer l’irrigation au moment le plus pertinent. Il aura donc optimisé ses charges liées à l’irrigation tout en diminuant le temps passé et en modérant ses charges de carburant. »