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Un élevage multicolore et accueillant

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Diversification - Un élevage multicolore et accueillant
Sur l’élevage de Nicolas Pierson, des vaches de différentes races côtoient des moutons suffolks, ainsi que quelques chèvres et des poneys pour l’animation et l’accueil à la ferme. © D. Péronne

Nicolas Pierson a bâti une structure agricole atypique, techniquement et économiquement solide, ouverte aux visiteurs.

Lorsque Nicolas Pierson, quarante-deux ans, reçoit des étudiants de lycée agricole ou des techniciens, il leur propose toujours un « quizz races ». Il s’amuse des pièges dans lesquels ceux-ci tombent immanquablement : avec une douzaine de couleurs différentes chez ses bovins, dont une angus rouge et une salers noire, les erreurs sont quasi inévitables.

De très bon taux

« J’ai toujours aimé les animaux. C’est un vrai plaisir, tous les matins, lorsque je vois toutes ces couleurs dans mon bâtiment », souligne l’éleveur de Lironville, en Meurthe-et-Moselle. Une diversité qui se retrouve aussi bien dans le troupeau allaitant, avec des angus, herefords, salers et charolaises, que dans le laitier avec des prim’holsteins, vosgiennes et jersiaises, mais aussi des races mixtes, normandes, brunes des Alpes, montbéliardes et simmentals.

Confronté à la maladie dans sa famille, Nicolas Pierson enrubanne ses fourrages aux couleurs de la lutte contre le cancer. © D. Péronne

L’élevage, ce sont aussi 160 brebis, uniquement des suffolks. Une troupe montée en deux fois, par l’achat de mères, depuis l’installation de Nicolas en 2004. Quelques chèvres et des poneys, pour l’animation et l’accueil à la ferme, complètent ce « salon de l’agriculture miniature ».

Pour la partie cultures, l’orge d’hiver sert uniquement à l’alimentation des animaux. « Je conserve surtout les céréales pour la paille, précise l’agriculteur. Et j’en achète au champ, que je presse moi-même. » Nicolas est seul sur son exploitation depuis 2010, après le départ à la retraite de sa mère. Son épouse travaille à l’extérieur, à trois quarts temps.

Alors que le quota laitier était de 80 000 litres au début des années 2000, l’exploitation a racheté 250 000 litres de quota en 2006-2007. Puis 120 000 l en 2012, pour atteindre 450 000 l. La salle de traite est une 1×10. La production moyenne par vache est de 8 500 l.

350 mètres de haies ont été plantées le long des parcelles et 2 kilomètres sont en projet pour 2021-2022. © D. Péronne

« Ce mélange de races, surtout les mixtes, me permet d’avoir de très bon taux : 45 de matière grasse (MG) et 34,3 de taux butyreux (TP) l’an passé. Surtout, je n’ai aucun souci de germes, d’acidose, souligne Nicolas. L’avantage des races mixtes se trouve aussi dans la valorisation des vaches de réforme, plus lourdes que les prim’holsteins, alors qu’elles auront mangé la même chose, donc généré les mêmes charges d’alimentation. »

Des espaces de rencontre

L’objectif de l’éleveur est d’obtenir des races pures, par absorption. Il s’est formé à l’insémination, qu’il pratique désormais seul. Concernant la troupe ovine, Nicolas travaille sur l’alimentation, principalement la digestibilité. « Les données zootechniques manquent dans ce domaine, note-t-il. Je collabore avec une firme de nutrition animale, qui analyse les fourrages et les fèces. Je réfléchis également à l’introduction de la race de mouton texel, qui serait plus adaptée au changement climatique. »

Lors des visites d’exploitation, Nicolas se limite à des petits groupes, des familles, afin de prendre le temps d’échanger. Il ne reçoit pas de scolaires. Les visiteurs assistent à la traite, donnent le biberon aux veaux, aux agneaux, et repartent avec un litre de lait. Leur hôte en est persuadé : « Les gens apprécient vraiment ce contact, et de mieux comprendre l’origine de leur alimentation. Ces espaces de rencontre me permettent aussi de partager ma passion pour l’élevage. »

Dans la suite logique de ce rapprochement avec les consommateurs, l’éleveur va développer la vente directe de caissettes de viande.

Une activité touristique

Très entreprenant, Nicolas a démarré une activité de tourisme en 2019 avec le gîte du Grand Pré, aménagé pour six personnes près de la ferme à Lironville. « L’exploitation est bien située, souligne-t-il. Nous sommes au cœur de la Petite Suisse lorraine, à égale distance de Verdun, Metz, Nancy. Je reçois aussi des touristes de Belgique et des Pays-Bas. Malgré la situation sanitaire, ou sans doute grâce à celle-ci, mon gîte n’a quasiment pas désempli depuis le déconfinement du 11 mai. »

Un appartement conçu pour les personnes à mobilité réduite (PMR) sera ouvert pour l’été. Une offre qui lui tient particulièrement à cœur. Nicolas a commencé à couler le béton – il construit beaucoup par lui-même – le 11 janvier.

Dominique Péronne

L’exploitation

À Lironville en Meurthe-et-Moselle

SAU : 125 ha, dont 25 de céréales (6 ha de blé, 6 ha d’orge hiver, 12 ha d’orge de printemps), 7 ha de méteil, le reste en herbe

Élevage : 125 bovins, dont 47 VL, 180 brebis

Production laitière : 450 000 l

Main-d’œuvre : Nicolas Pierson et  un salarié pour la traite, un week -end sur quatre

Renforcer les liens

Nicolas Pierson participe régulièrement à l’opération « Balades, élevages et paysages ». Organisée par Interbev Grand-Est, elle permet de montrer la façon dont les agriculteurs façonnent le milieu, comme Nicolas qui vient d’entreprendre une plantation de haies. Par ailleurs, en décembre 2019, l’éleveur a mis en place la manifestation « Ferme à l’hôpital », un défi administratif et réglementaire ! Avec plusieurs confrères de Meurthe-et-Moselle, il a regroupé des animaux de ferme dans une grande tente aménagée près de l’hôpital d’enfants de Nancy. Un moment de joie pour ces derniers, qui ont pu les approcher et les caresser.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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