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Se lancer dans une petite unité de méthanisation

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Revenus complémentaires, facilité de gestion et retour sur investissement en moins de dix ans sont les promesses des unités de microméthanisation.

Micropuissance

Jusqu’à 80 kW

L’unité de méthanisation est dite micro lorsque sa puissance est inférieure à 80 kW. Celle-ci se retrouve principalement « dans les élevages d’au moins 100 à 150 bovins, dont les lisiers ont un fort potentiel méthanogène, ou porcins, dont l’essor est croissant », selon Catherine Dupuy-Burin des Roziers et Carole Schertzinger, avocates du cabinet BCTG Avocats, conseillant notamment dans le secteur des énergies.

Macro-avantages

Une installation et une gestion plus simples

Outre les avantages liés à la méthanisation (revenu complémentaire stable issu de la vente d’électricité ou de biométhane et utilisation du digestat comme fertilisant), ces petites unités en offre d’autres liés à leur taille : facilité et rapidité d’installation, simplicité de gestion­, investissement et endettement réduits.

« Une unité de microméthanisation est montée et installée rapidement après la réalisation de la dalle de béton et l’emprise au sol est limitée : environ 200 m2 pour un conteneur et un réacteur de 11 à 16 m de diamètre, précisent les avocates. Après une phase d’apprentissage du fonctionnement de l’unité, la surveillance et la gestion quotidienne, l’entretien (remplacement du charbon actif) et la vidange de la cuve (environ tous les quinze jours) à la charge de l’agriculteur sont limités en temps et les coûts de maintenance peu élevés (environ une demi-journée tous les trois mois avec souvent des formules de forfait). »

Cogénération ou chaleur

En fonction du volume des intrants et de la rentabilité économique calculée, l’éleveur pourra choisir de valoriser le biogaz produit via la combustion pour chauffer uniquement, ou via la cogénération permettant la production d’électricité et de chaleur. Cette dernière est « la valorisation principale pour les unités de microméthanisation », ajoutent les avocates. La chaleur peut être utilisée sur l’exploitation ou ailleurs. « Un éleveur a mis, par exemple, gratuitement la chaleur produite à disposition d’un hameau, à charge pour les habitants de se raccorder à leurs frais », a constaté le cabinet BCTG Avocats.

Démarches

Plusieurs démarches sont à réaliser avant le lancement de l’unité. Conseils compris, leur coût global est « de l’ordre de 10 000 à 15 000 euros », estiment les avocates. L’unité doit être déclarée au titre des installations classées pour la protection de l’environnement (rubrique 2781). Cela peut être effectué en ligne. En même temps que le dépôt de cette déclaration, l’exploitant doit obtenir l’agrément sanitaire européen 1069-2009 auprès de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations pour l’utilisation du lisier. L’obtention d’un permis de construire est aussi nécessaire.

La modification du plan d’épandage doit être envisagée. « Les digestats sont des déchets soumis à plan d’épandage, sauf s’ils respectent le cahier des charges CDC Dig Agri1 (notamment s’ils ne concernent que des effluents d’élevage), précise le cabinet BCTG Avocats. Pour injecter de l’électricité dans le réseau, une étude de faisabilité est nécessaire afin d’évaluer le coût du raccordement. Un contrat de raccordement devra être signé avec le gestionnaire de réseau et un contrat d’achat d’électricité avec EDF Obligations d’achat. »

Alexis Marcotte

L’experte
« Des distances d’installation à respecter » Catherine Dupuy-Burin des Roziers, avocate associée, pôle énergies, BCTG Avocats

« L’agriculteur doit rester vigilant sur le choix du lieu d’installation de son unité de microméthanisation. Elle doit se situer à une distance de 50 m minimum des habitations et des établissements recevant du public, à l’exception des logements occupés par des personnels de l’installation. Celle-ci doit être hors du périmètre de protection rapprochée d’un captage d’eau destiné à la consommation humaine et hors des espaces protégés et zones inondables. Les aires de stockage des matières entrantes et des digestats sont aussi réglementées et doivent être à une distance d’au moins 35 m de toute source d’eau destinée à la consommation humaine. »

De 15 à 25 % de subventions

Plusieurs acteurs proposent des subventions à la microméthanisation, dont les conseils départementaux ou régionaux. La région Bretagne propose, par exemple, une aide maximum de 40 000 € par projet. Elle vise des projets individuels ou collectifs qui ne sont pas fondés sur de la cogénération. Au niveau national, des fonds de l’Ademe financent la production de biogaz et soutiennent les installations de stockage et de valorisation énergétique. Des fonds européens (Feder, Feader) peuvent être sollicités. En Occitanie, par exemple, le projet Mcube est financé par le Feder et vise à expérimenter des projets pilotes afin d’établir un modèle standardisé d’unité de microméthanisation.

Le montant moyen des subventions varie en fonction des régions et du projet, mais la fourchette de subventions se situe entre 15 et 25 % de l’investissement pour une installation d’une puissance de 75 kW, selon le cabinet BCTG Avocats.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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