L’agriculteur assure ses bâtiments, son cheptel mais quid du capital humain ? Il reste souvent la variable d’ajustement. Plusieurs raisons à cela : l’augmentation du nombre d’exploitations ayant plusieurs associés ou des salariés, les raisons économiques… Les plus jeunes se sentent souvent moins concernés. « Nous constatons une évolution des profils des chefs d’exploitations qui sont mieux formés et réfléchissent différemment. La jeune génération revendique davantage de liberté en s’affranchissant de l’esprit historique mutualiste des structures agricoles », confirme Sylvie Le Clec’h Ropers, directrice du Sdaec-Terralliance (1).

Prendre un salarié en direct ou faire appel à un service de remplacement, chacun fait son choix, le tout est de l’avoir prévu
et budgétisé.

Indemnités de MSA insuffisantes

À raison d’un coût moyen de 150 € par jour pour une journée de remplacement de 7 heures, en cas d’aléas, les indemnités journalières de la MSA sont loin de couvrir la charge. Il est souvent préférable de combiner la prévoyance individuelle avec la prévoyance collective, qui permettent généralement d’obtenir un solde à charge plus attractif. Des dispositifs existent aussi auprès des banques et des coopératives, qu’il ne faut pas hésiter à contacter. Pour les moments plus heureux (arrivée d’un enfant, vacances), des prises en charge sont possibles.

L’exploitation est une entreprise à part entière. Son responsable doit faire ses choix en toute connaissance de cause, en faisant le point régulièrement au fil de sa carrière. Il doit avoir réfléchi à comment il finance cette masse salariale qui va lui permettre de poursuivre la continuité du travail à la ferme.

Isabelle Lejas

(1) Service de remplacement et groupement d’employeurs dans les Côtes-d’Armor, l’Ille-et-Vilaine et le Finistère (5 600 adhérents, 330 salariés).

L’experte
« Prévoir un filet de sécurité » Sylvie Le Clec’h Ropers, directrice du Sdaec-Terralliance

« Comme un funambule sur un fil, que se passe-t-il si l’agriculteur tombe ? Le risque a-t-il été mesuré ? Dans un contexte de raréfaction de la main-d’œuvre dans le secteur agricole et d’exigences professionnelles accrues, l’agriculteur doit prévoir en amont et s’assurer vis-à-vis des aléas de la vie. Être négligent peut mettre à mal un outil. Anticiper et prévoir un filet de sécurité sont primordiaux. »