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Installé sur 40 hectares en lait bio

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Transmission-reprise - Installé sur 40 hectares en lait bio
« S’intaller sur 40 hectares en lait bio, c’est possible », explique Mathieu Roetta. © I. lejas

Mathieu Roetta a cheminé près de cinq ans avant de trouver la ferme qui lui correspond en termes de parcellaire, de moyens de production et de situation géographique.

Mathieu Roetta, 30 ans, originaire du Calvados, a trouvé la ferme qu’il cherchait à Mouazé­ (Ille-et-Vilaine) et s’y est installé en novembre 2021. Elle compte 40 ha et une référence de 228 000 l de lait en agriculture biologique conduite en tout herbe.

Trois tentatives

Mathieu est un Nima, un jeune non issu du milieu agricole. « Mais je suis “IEA”, un jeune “issu des études agricoles”, ironise-t-il. Après un bac scientifique, il a suivi des études en BTS « productions animales » et a poursuivi en école d’ingénieur à l’ESA d’Angers en contrat d’apprentisage au contrôle laitier de l’Orne (Elvup). Le goût pour l’agriculture, il l’a découvert auprès d’un cousin par alliance. L’envie de s’installer est venue progressivement au cours de ses études supérieures.

« En 2017, j’ai commencé à chercher via le RDI (répertoire départemental à l’installation) avec Clément, un copain de promotion. » Dès le départ, ils se sont fixé des critères bien précis. « La priorité était de trouver un bon parcellaire de 60 à 80 ha pour développer un système pâturant en s’associant à deux », relate Mathieu. Une dizaine de visites d’exploitations n’ont rien donné. « Souvent, les moyens de production ne correspondaient pas aux surfaces, alors que nous visions l’autonomie alimentaire. Et financièrement, ça ne passait pas. Je ne cherchais pas à m’installer coûte que coûte. » Le projet est abandonné. En parallèle, Mathieu travaille : d’abord au contrôle laitier, comme assistant-enseignant à l’ESA, puis comme consultant pour une entreprise de tannerie de peau.

Pour une meilleure accessibilité des animaux aux paddocks, le chemin a été rénové et prolongé. Et durant l’hiver, l’éleveur a refait les clôtures sur 35 ha de pâtures avec un système simple et pratique. © I. Lejas

Lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande pour rendre visite à un ami, Arnaud, il s’intéresse au système tout herbe pratiqué là-bas. Au retour en France de ce dernier, en 2019, les deux camarades se mettent en recherche d’une ferme. « L’installation, c’est aussi un projet de vie, poursuit Mathieu. Avec ma compagne Chloé, nous nous étions donné un rayon d’une demi-heure autour de Rennes afin qu’elle retrouve plus facilement du travail. Elle est ingénieure en environnement. » Mais Arnaud, lui, a trouvé une exploitation près de Saint-Lô (Manche). Une troisième tentative avec un autre ami, Franck-Emmanuel, n’a pas abouti. « Près de Rennes, la difficulté est de trouver une maison à un prix acceptable, en plus de la reprise. »

Un coup de cœur

L’âge avançant, le couple s’interroge. « Quand on cherche une ferme, on met tout en stand-by : l’achat d’une maison, l’investissement et la prise de responsabilité dans son propre travail. On peut se décourager. » Jusqu’au jour où Mathieu reçoit le coup de fil de son conseiller transmission de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne. « J’ai une ferme pour toi. Mais il faudra s’installer seul : elle fait 40 ha », lui explique Jean-Michel Drouin. Fin 2020, la première visite est un coup de cœur. Avec 40 ha de pâtures regroupés autour de la stabulation, une référence laitière de plus de 200 000 litres, la ferme située à 18 km de Rennes répond aux principaux critères. Le courant passe tout de suite avec Henri, le cédant. Mathieu découvre l’exploitation en participant aux travaux un week-end par mois tout en réalisant le parcours 3P (plan de professionnalisation personnalisé). Il signe ensuite un contrat de parrainage qui s’est déroulé d’août à septembre 2021. Au départ en retraite d’Henri, il s’installe pour un montant de reprise de 190 000 €.

Durant l’hiver, l’éleveur a refait les clôtures sur 35 ha de pâtures avec un système simple et pratique. © I. Lejas

Conduite herbagère

Le couple a aussi pu acheter la maison à proximité. « Le cédant avait à cœur de transmettre son outil de travail à un jeune plutôt que de le voir partir à l’agrandissement. Il a fait ses comptes en se souciant de la rentabilité et la possibilité de remboursement. » Hors cadre familial, Mathieu a pu reprendre 38 ha en location et 2 ha en propriété sous les bâtiments.

Le cédant avait déjà une conduite herbagère que le jeune éleveur va poursuivre. Il a renégocié l’ensemble des contrats de prestation de services ou changé de partenaires (contrôle laitier, comptabilité, assurances…) avec 30 à 50 % d’économie sur ces postes. « Je vais regrouper les vêlages au printemps pour produire du lait avec de l’herbe. Les animaux sont nourris essentiellement avec les fourrages de l’exploitation (foin, enrubannage) sans aucun aliment, ni complément minéral. » Son objectif est aussi d’arrêter de traire un mois et demi à deux mois en fin d’année pour se dégager du temps.

Isabelle Lejas

L’exploitation

• À Mouazé (Ille-et-Vilaine).

• Main-d’œuvre : 1 exploitant individuel.

• SAU : 40 ha tout en herbe.

• Cheptel : 40 montbéliardes.

• Production : 228 000 litres de lait en agriculture biologique.

• Bâtiments : salle de traite 2 X 5 (simple équipement), stabulation avec des logettes (45 places), fosse, fumière.

Aménagements pratiques

Durant l’hiver, Mathieu Roetta a refait les clôtures, rénové et prolongé le chemin des bêtes. Il a fait installer un réseau d’eau enterré dans les différents paddocks. Dans le cadre du programme Breizh bocage, 1,4 km de haies ont été plantées (haut-jet et arbustes). Celles-ci permettront de donner de l’ombre aux animaux l’été et de les protéger du vent.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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