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Davantage de demandes en porc local

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Circuits courts - Davantage de demandes en porc local
En multipliant les circuits de distribution, l’EARL solidifie son modèle économique : « Nous faisons 70 % de notre chiffre d’affaires avec 30 % de nos porcs », souligne Romain Galland. © Aude Richard

Connue pour ses rillettes de Tours, l’EARL Galland mêle tradition et avenir. La jeune génération parie sur une multitude de circuits courts, dont les magasins de producteurs.

Àl’EARL Galland, à Betz-le-Château (Indre-et-Loi­re), un trio de jeunes agriculteurs nous accueille. Romain, Maxime, son cousin, et Éric (hors cadre familial) ont entre 33 et 38 ans. Il y a deux ans, ils ont pris la relève de leur père et de leur oncle, partis en retraite. Leur grand-père avait introduit l’élevage de porcs en 1962 et la vente à la ferme en 1988. Depuis, l’entreprise s’est développée et les circuits courts ont pris une place prépondérante. Sur les 3 600 porcs élevés par an, plus de 20 % sont transformés sur place et vendus sans intermédiaire. Ce chiffre monte à 28 % cette année.

20 % des porcs transformés

Installé depuis 2013, Romain explique les projets des associés : « Nous recherchons une plus grande autonomie, que ce soit pour l’alimentation des porcs ou l’énergie. » Ils optent pour un élevage sur paille. Le soja pour les porcs à l’engraissement est remplacé par un mélange pois-féverole, cultivé sur l’exploitation. Cette recherche d’autonomie en protéines a fait évoluer le système de cultures. Maxime, qui s’en occupe, est un adepte de l’agriculture de conservation. Allongement de la rotation, semis direct, plantes associées et mélange de couverts font partie des pratiques courantes.

Un nouveau laboratoire de transformation

Du côté de l’énergie, deux trackers solaires (OkWind - 2 x 23 kW) couvrent 30 % des besoins de la porcherie et de la charcuterie. « Nous autoconsommons 100 % de l’énergie produite. Avec 5 000 € d’économie par an et par tracker, l’investissement est rentabilisé en dix ans. »

Pour la transformation, activité qui emploie quatre bouchers-charcutiers et trois employés polyvalents, les éleveurs ont conservé les recettes traditionnelles : rillettes cuites au feu de bois et charcuterie sans sel nitrité.

Afin de différencier ses porcs, l’EARL Galland a créé une marque locale avec sept autres naisseurs-engraisseurs, « le Roi rose ». Cet été, les ventes des produits, parmi lesquels les terrines, ont bondi de 30 % grâce à une meilleure mise en valeur sur les marchés. © Aude Richard

Côté vente, Romain, Éric et Maxime ont affiné leur stratégie. Il y a quelques années, une partie des porcelets (mille par an) était vendue avant l’engraissement, à prix « bradé ». Leur objectif est donc d’élever jusqu’au bout les porcs et d’en transformer 40 à 50 % à la ferme. Ou éventuellement de vendre des porcelets à des éleveurs souhaitant les engraisser pour la vente directe. « Nous avons pensé à diminuer le troupeau de truies de 150 à 110. Mais nous venions de rénover une maternité et, pendant notre réflexion, nous avons eu l’opportunité de reprendre 40 ha de terres. Nous avons 150 ha pour 150 truies, le ratio parfait pour l’alimentation. »

Finalement, les associés construisent un nouveau bâtiment d’engraissement avec des panneaux photovoltaïques en toiture. En 2022, un laboratoire de transformation de 800 m2 verra le jour. « L’actuel, de 150 m2, a été conçu pour 4 cochons par semaine. Nous en sommes à 20… Le nouveau laboratoire est prévu pour 35 à 40. »

S’adapter en cas de crise

La demande est présente, mais le trio a renoncé à certains circuits de distribution. « Nous avons choisi de ne plus travailler avec les grandes surfaces et nous n’allons pas vers la restauration collective car l’équilibre carcasse est compliqué à assurer. » Alors comment écouler plusieurs dizaines de cochons par semaine ? Ils misent sur les magasins de producteurs (45 % de la vente directe), un moyen de commercialiser en quantité, mais qui impose des permanences. L’EARL est présente dans trois magasins (Chambray-lès-Tours, Truyes, Ligueil) et vient d’en ouvrir un quatrième à Saint-Cyr-sur-Loire. « Avec trois magasins, nous avions 1,5 jour de permanence par semaine environ. Cette année, nous serons à plus de 2,5 jours, sans compter les livraisons. » L’organisation va donc évoluer : Éric va, lui aussi, effectuer des permanences et un salarié a été embauché afin de le seconder pour l’atelier élevage. Les agriculteurs développent aussi la vente à la ferme, sur les marchés, par internet, dans les épiceries fines et avec des casiers automatiques. « C’est contraignant, concède Romain, mais en cas de crise, on s’adapte plus facilement. »

Aude Richard

Les magasins en Touraine

Ouvert en novembre 2021, « La Ferme du Mûrier », à Saint-Cyr-sur-Loire, est le septième magasin de producteurs en Indre-et-Loire sur la quinzaine de la région Centre. Romain Galland en est le président. L’association regroupe 14 associés, répartis en deux groupes : les décideurs (11), qui doivent assurer des permanences en magasin, et les non-décideurs (3). Le magasin compte six salariés dont deux bouchers-charcutiers-traiteurs. Ce projet, lancé en 2017, a reçu une subvention de 250 000 € sur un budget de 1 M€. Il fait partie du projet alimentaire territorial (PAT) de Tours métropole.

L’exploitation

• EARL Galland, à Betz-le-Château (Indre-et-Loire).

• Main-d’œuvre : trois associés (Romain, Éric, Maxime) et 9 salariés.

• Assolement moyen sur 150 ha : blé 57 ha, maïs 40 ha, orge 25 ha, colza 10 ha, féverole 8 ha, pois 7 ha.

• Cheptel : 150 truies.

• Naisseur-engraisseur : 3 600 porcs par an.

• Transformation en 2021 : 20 porcs par semaine.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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