Flambée des charges

Tensions pour la campagne de 2023

Ce début d’année 2022 restera dans les mémoires. L’invasion de l’Ukraine par la Russie, fin février, a fait bondir les prix des céréales. Ceux qui n’avaient pas déjà vendu leur production de 2021 ont pu profiter de l’embellie. La récolte de 2022 promet à nouveau des prix de vente attractifs, mais le bénéfice net sera rogné par la forte hausse des engrais azotés et des carburants. Pour celle de 2023, si l’évolution des prix de vente est incertaine, il est déjà admis que les charges de production vont flamber.

Prix seuil de vente en euros/tonne

La hausse des charges doit s’analyser au regard des prix de vente attendus. D’où l’importance de connaître ses coûts réels de production et d’en déduire son prix seuil de vente (coût de production moins aides Pac), c’est-à-dire le prix à atteindre pour couvrir l’ensemble des charges, rémunération de l’exploitant comprise. Le prix seuil est bien à rapporter à la tonne produite : des rendements de 2022 diminués par la sécheresse le feront automatiquement monter.

Prévoir l’assolement de 2023

C’est uniquement à partir de prix seuil prévisionnels qu’il sera possible de décider de son assolement pour la campagne de 2023 et de prendre des engagements de vente. Il pourra être opportun de limiter les cultures à fort besoin d’azote, par exemple. Il faut aussi tenir compte de la réforme de la Pac au 1er janvier 2023, qui risque d’entraîner, dans près de 20 % des exploitations, des ajustements de l’assolement pour accéder aux écorégimes.

Hausse des Impôts et de la MSA

Anticiper pour 2022 et 2023

Qu’elles soient calculées en moyenne annuelle ou triennale, les cotisations sociales sont susceptibles de connaître des hausses, à prévoir en trésorerie pour 2022 et 2023. Idem pour le montant des impôts sur le revenu : le surcoût éventuel pourra être prévu en augmentant la rémunération de l’exploitant.

Sophie Bergot

L’expert
« Retrouvez des repères pour ne pas céder à la panique » Romain Rabreau, conseiller de gestion à Fiteco Tours, groupement AgirAgri

« Le climat ambiant est très anxiogène pour les agriculteurs. Ils voient les cours des céréales totalement bouleversés (avec la peur de manquer des “bons coups”), les factures des intrants qui flambent, l’incertitude de la météo…

Ces facteurs sont déstabilisants et font perdre des repères. Pour retrouver autant que possible de la maîtrise sur son exploitation, la première étape indispensable est d’être au clair sur ses coûts de production, donc sur ses prix minimums de vente pour les récoltes de 2022 et 2023. »