Le Gaec du Bois du Cep à La Grigonnais en Loire-Atlantique est né en 2006, avec l’installation de Nicolas Bodineau et Gaëtan Chatellier, et la ré-installation de Fabien Le Berre. « Nous sommes tous les trois des "Nima" (non issus du milieu agricole), explique Nicolas Bodineau. Pour  Gaëtan et moi, le métier d’agriculteur correspond à une reconversion professionnelle. Quant à Fabien, il était associé d'un Gaec à La Grigonnais depuis 1996. Dès le départ, nous avons voulu mettre l’herbe au cœur de notre système laitier. »

Avec 153 ha de SAU répartie pour l’essentiel en deux îlots, le Bois du Cep (80 ha) et plaisance (50 ha), distants de 5 km, les associés ont commencé par rationaliser l’organisation. En  2007, ils ont investi dans une stabulation pour les vaches laitières. « Nous l’avons installée au Bois du Cep où il n’y avait aucun bâtiment et réservé ceux de plaisance aux génisses et au stockage du fourrage. » À grand renfort d’autoconstruction et de récupération, les associés ont limité l’investissement à 180 000 € pour 70 vaches laitières. « Nous avons pris en charge la maçonnerie, l’électricité, l’eau, le bardage, la pose des tubulaires, mais délégué les travaux de charpente, l’installation de la salle de traite et la construction de la fosse à lisier. »

Pâturage tournant

Avec l’appui du réseau Civam, les éleveurs ont vite mis l’accent sur la gestion de l’herbe et développé un pâturage tournant. En pratique, le parcellaire réservé aux vaches laitières a été redécoupé en 30 paddocks de 2 à 2,5 ha. Chacun a été équipé d’un point d’eau. « Pour l’instant, ce réseau n’est pas enterré, mais nous avons déposé un dossier PCAE qui le prévoit et intègre également la réfection de 450 mètres de chemins, précise Nicolas. Les travaux  sont prévus en 2022 et 2023. »

En parallèle, les associés ont installé des clôtures électriques high-tensile et dressé leurs premiers chiens de troupeau. Enfin, concernant la conduite des prairies, les associés ont stoppé les apports d’azote dans les parcelles de RGA (ray-grass anglais)-TB (trèfle blanc), ce qui a permis de réduire les charges, et progressivement introduit de la fétuque. Cette année, ils font un essai (13 ha) de semis de prairies sous couvert d’un mélange d’avoine et de vesce.

Depuis 2012, le Gaec est en production biologique. Il livre en moyenne 520 000 litres de lait par an à Biolait. « Ces deux dernières campagnes, Biolait a fortement incité les producteurs à réduire les livraisons, indique Nicolas. Nous sommes descendus à 490 000 litres. » En croisement trois voies (prim’holstein, montbéliardes et brunes des Alpes), le troupeau compte aujourd’hui 90 vaches laitières. Les vêlages sont étalés sur toute l’année. Et depuis l’an dernier, les éleveurs vendent une partie de leurs génisses (une dizaine environ). L’objectif est d’en garder une trentaine : pas plus !

Charge de travail modérée

Aujourd’hui stabilisé, le système génère une charge de travail « modérée », estiment les trois associés. Chacun est responsable d’un domaine d’activité : Nicolas, du troupeau, Fabien, des céréales et des génisses et Gaëtan, des veaux, du maïs et des récoltes d’herbe. Pour la traite du matin, les associés se relaient une semaine sur trois, Nicolas assurant celle du soir. « Au départ, nous alternions aussi une semaine sur trois. Mais nous avons vite compris que ce n’était pas une bonne idée. En élevage, il faut que quelqu’un ait un œil régulier sur le troupeau. » En dehors des périodes de récolte, les associés terminent leur journée de travail vers 18h00-18h30. Ils prennent également une après-midi de repos par semaine et six semaines de congé par an. Pour les week-ends, ils se relaient toutes les trois semaines en sachant qu’il n’y a pas de traite le dimanche soir et que la distribution du fourrage est prise en charge par la Cuma, équipée d’une automotrice.