Pour un projet d’installation, d’agrandissement, de création d’un nouvel atelier ou d’embauche, certaines chambres d’agriculture proposent aux porteurs de projet l’outil « calculette temps de travail ». « Il sert à évaluer le temps de travail prévisionnel et ses variations sur une exploitation, résume David Pereira, chargé de mission Bâtiments, Travail et Résilience à Chambres d’agriculture France. Il s’agit d’abord d’un outil de sensibilisation [à la charge de travail], notamment pour les personnes qui s’installent, mais aussi, [dans sa version plus avancée], d’un outil de conseil. »

L’utilisateur détaille sa production sur l’application internet. Il obtient avec la version « simple », gratuite et accessible à tous via le site d’une chambre adhérente, un nombre d’heures prévisionnel à l’année et à la semaine. Une version « pro » est accessible en se rapprochant de sa chambre, à condition que celle-ci y soit adhérente. « Elle permet d’aller un peu plus loin sur la répartition des tâches dans l’année et sur celle du temps de travail entre les intervenants (associés, salariés, Cuma, ETA …) et également d’optimiser l’utilisation du parc matériel. [L’objectif étant] d’aborder la question fondamentale : quand est-ce que je passe du temps au travail ? Comment je peux m’organiser différemment pour me soulager ? »

Prise de conscience

« Souvent, les jeunes installés ont du mal à évaluer la quantité de travail futur. On retrouve des cas, après installation, de jeunes qui se retrouvent rapidement dans des situations difficiles », poursuit-il. En Bretagne, Véronique Vannier, chargée de mission organisation du travail, utilise régulièrement l’outil avec des porteurs de projets d’installation et des étudiants dans le cadre de formations. Cette utilisation « collective » permet d’échanger et de comparer son projet. « En quelques clics, on arrive à un résultat objectif, qui se base sur des données récoltées sur des exploitations. […] Cela aide les porteurs de projets non issus du milieu agricole, souvent sensibles à cette question du temps de travail, mais aussi ceux qui connaissent le milieu et qui sont un peu trop ambitieux par rapport à leurs moyens de production. […] Cela reste toutefois un outil de sensibilisation. Le facteur de réussite c’est quand même l’aspect économique », rappelle-t-elle.

À l’été 2022, environ la moitié des départements adhèrent à l’outil, toujours en déploiement. Les chambres sont libres de réfléchir à son modèle économique : intégration dans une offre d’accompagnement et de conseil, facturation du service ou gratuité.