Selon les textes, le bénéficiaire du salaire différé doit avoir participé directement et effectivement aux travaux de l’exploitation. La loi ne requiert pas que la participation soit exclusive de toute autre occupation, dès lors qu’elle n’est pas simplement occasionnelle. Autrement dit, le descendant qui ne consacre que partie de son temps et de ses forces aux travaux agricoles peut bénéficier d’une créance de salaire différé, à condition que cette participation soit habituelle. Par travail, il faut entendre participation à la mise en valeur du fonds. Seul compte le travail ayant un caractère agricole. Selon un arrêt de la Cour de cassation du 22 octobre 2002, des tâches ménagères remplies durant de longues années pour l’intérêt commun ne répondent pas à l’exigence légale. D’après l’article L.321-19 du code rural, la preuve de la participation à l’exploitation et sa non-rémunération incombe au descendant qui réclame le salaire différé. Elle peut être faite par tous moyens : écrits, aveux, témoignages…

En cas de litige sur la créance de salaire différé, ce sont les juges qui apprécient les éléments de preuve, au cas par cas.